Vensac : le maire s'oppose fermement à la demande de retrait du PLU
À quelques semaines de son départ annoncé de la vie municipale, le maire de Vensac, Jean-Luc Piquemal, hausse le ton face aux services de l'État. Dans plusieurs courriers adressés au préfet et au sous-préfet, l'édile refuse catégoriquement de retirer le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune, malgré les demandes répétées de l'administration. Le différend porte sur le contrôle de légalité du document approuvé en décembre 2025.
Dans sa réponse du 22 janvier 2026, le maire assume pleinement sa position : « le PLU ne sera pas retiré ! », estimant que les erreurs relevées ne remettent pas en cause l'économie générale du document et pourront être corrigées ultérieurement. Un précédent retrait avait déjà été opéré pour une irrégularité technique liée à l'avis de la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe), après plusieurs réunions de travail avec les services de l'État.
Une application jugée trop rigide des règles d'urbanisme
Dans un courrier au préfet, Jean-Luc Piquemal dénonce une application « de plus en plus rigide » des règles d'urbanisme, évoquant un « sentiment de blocage de l'action locale ». Il cite plusieurs dossiers du littoral médocain qu'il juge révélateurs de cette tendance préoccupante.
Sur le fond, la commune conteste fermement les critiques sur la consommation d'espaces naturels. Le maire rappelle avec insistance que le potentiel constructible aurait été réduit de moitié sous la pression de l'État, passant de 16 à 8 hectares sur la période 2020-2030. Selon lui, la trajectoire de consommation foncière reste parfaitement compatible avec le SCoT Médoc Atlantique et les besoins légitimes de développement de la commune.
L'enjeu économique local au cœur du débat
L'élu met également en avant l'enjeu économique local, particulièrement crucial pour les équipements touristiques. Il estime qu'empêcher toute évolution des campings reviendrait, à terme, à « condamner ces établissements » essentiels à l'économie du territoire. Il souligne par ailleurs que la commune a cherché à travailler « en transparence » avec les services de l'État tout au long de la procédure, en multipliant réunions techniques et ajustements du document.
« L'élu estime qu'empêcher toute évolution des campings reviendrait, à terme, à condamner ces établissements », martèle-t-il dans sa correspondance officielle.
La loi Littoral au centre des préoccupations
De leur côté, les services de l'État maintiennent plusieurs points de vigilance particulièrement sensibles. Ils évoquent notamment les coupures d'urbanisation, la délimitation précise des espaces proches du rivage et certaines évolutions de zonage susceptibles d'ouvrir de nouveaux secteurs à la construction. La DDTM demande en particulier de mieux justifier la transformation de secteurs UD en zone UB.
L'administration insiste aussi sur la nécessité absolue de sécuriser juridiquement le document au regard de la loi Littoral afin d'éviter de futurs contentieux potentiellement coûteux. Des observations que la municipalité juge pour partie excessives et disproportionnées.
Un précédent juridique invoqué
En toile de fond, la commune s'appuie sur le dossier du lotissement Vensac Océan III. Elle rappelle qu'un arrêté préfectoral de juin 2023 a autorisé le défrichement de 3,795 hectares, sous conditions de compensation forestière, y voyant un signe clair de la solidité juridique du projet global.
La mairie met aussi en avant le coût déjà engagé - plus de 41 000 euros pour la révision du PLU -, pour justifier son refus catégorique d'un nouveau retrait. À l'approche des municipales de mars, ce bras de fer intense laisse au futur exécutif un dossier d'urbanisme particulièrement sensible à gérer.
Une tension qui dépasse Vensac
Comme à Vensac, le climat se tend significativement sur l'urbanisme à Lacanau. Le préfet de la Gironde confirme son opposition ferme au permis d'aménager de l'extension du camping Airotel à Lacanau-océan. Dans un courrier du 30 octobre 2025, l'État juge le projet non conforme (risque incendie en zone orange du PPRIF, bande inconstructible insuffisante, loi Littoral).
Malgré la demande insistante du maire, le représentant de l'État refuse de retirer le déféré préfectoral et maintient son recours avec détermination. Cette situation parallèle illustre les tensions croissantes entre collectivités locales et administration d'État sur les questions d'urbanisme littoral.



