À Tresses, les riverains s'opposent à l'antenne Orange près du chemin de l'Ancienne-Cure
Tresses : conflit autour d'une antenne Orange de 36 mètres

À Tresses, un collectif de riverains s'oppose fermement à l'implantation d'une antenne Orange

Le chemin de l'Ancienne-Cure, à Tresses, est un lieu paisible en surplomb offrant une vue verdoyante sur le bourg. Une parcelle de vignes borde ce chemin fréquenté par quelques promeneurs. C'est précisément sur cette propriété privée que l'opérateur Orange envisage d'installer une antenne de 36 mètres destinée aux réseaux 4G et 5G, au sein d'une parcelle technique de quelques centaines de mètres carrés. Le permis de construire est actuellement en instruction, mais le projet rencontre une opposition vigoureuse de la part des riverains, qui se sont fédérés en collectif.

Des arguments multiples contre le projet

Damien Maléjacq, un habitant de Tresses résidant à 500 mètres en contrebas, exprime son scepticisme en montrant son téléphone et ses trois barres de réception 5G. « Nous ne voyons pas l'utilité flagrante de cette antenne », explique-t-il. « Nous voulons tous une très bonne connexion, elle existe déjà. Mais nous ne souhaitons pas que le paysage, avec ses arbres remarquables, soit défiguré, ni que l'exposition aux ondes augmente dans une zone où de nombreux enfants et familles se promènent. »

L'argument juridique le plus solide concerne la localisation du projet. Le site d'implantation se situe dans une zone architecturalement protégée en raison de la proximité de l'église de Tresses, dont plusieurs éléments sont classés. Cette protection impose des contraintes strictes en matière d'urbanisme.

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Orange défend sa position

Une pétition lancée début mars avait recueilli 1 146 signatures au 31 mars. Face à cette mobilisation, Stéphane Phelippeau, directeur des relations avec les collectivités de Gironde chez Orange, justifie le projet. « Nos ingénieurs radio ont constaté des moments de saturation du réseau 4G », précise-t-il. Il rappelle l'obligation légale des opérateurs d'assurer une couverture optimale, l'explosion des usages numériques, notamment des réseaux sociaux et de l'intelligence artificielle, ainsi que l'investissement de 150 000 euros nécessaires pour une antenne de ce type. « Cet endroit a été identifié comme le plus adapté pour améliorer la situation. »

Le collectif propose une alternative : déplacer l'antenne plus loin du bourg, quitte à accepter une légère diminution des performances, tout en bénéficiant d'une amélioration globale de la couverture. Le permis de construire, déposé en mairie, est actuellement examiné par les Architectes des bâtiments de France, qui devraient rendre leur avis à la collectivité au cours du printemps.

Une dimension politique sous-jacente

La parcelle que souhaite louer Orange appartient à Axelle Balguerie, opposante historique au maire Christian Soubie, réélu le 15 mars. « Orange est venu me voir à l'été 2024 et a sollicité la mairie au même moment, sans réponse de leur part », affirme cette élue toujours en fonction. « J'ai signé un bail le 29 octobre 2025, deux semaines après le dépôt par Orange du document d'information mairie. Je ne l'aurais pas fait si une contestation était apparue à ce moment-là. »

Le document d'information mairie est normalement destiné à une analyse et à une communication par la mairie en direction des administrés. « La collectivité a estimé qu'il ne pouvait aboutir en raison de sa non-conformité avec le plan local d'urbanisme et qu'il n'était donc pas nécessaire d'alerter inutilement la population », argumente-t-on en mairie. Pourtant, le 16 février, le permis de construire a été déposé, devenant un sujet de campagne électorale. Le rendez-vous est maintenant fixé à la fin de l'instruction du permis. À Tresses, l'atmosphère reste empreinte de tensions politiques.

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