Rennes : la dalle du Colombier va être transformée pour 10 millions d'euros
Rennes : la dalle du Colombier va être transformée

C'est une enclave que l'on pourrait aisément décrire comme désuète. Des fontaines qui ne fonctionnent plus depuis des années, des commerces fermés, des murs tagués, un cinéma abandonné, des grilles partout… À Rennes, la dalle du Colombier n'a pas très bonne réputation. Lieu de rassemblement privilégié des marginaux, cet espace commercial érigé dans les années 1960 souffre du poids des années. Mais il souffre surtout de sa conception façon « urbanisme sur dalle ». Une méthode présentée comme révolutionnaire pour se débarrasser des voitures mais qui pose énormément de problèmes cinquante ans après sa conception. Comment traiter ces coins et recoins souvent crados, parfois squattés et qui font naître ce désagréable sentiment d'insécurité ? Le chantier s'annonce compliqué.

Un cinéma et un café voués à la démolition

Première chose qui semble actée : l'ancien Cinéville, qui abrite toujours la boîte de nuit le 1988 Live Club, devrait être démoli. La métropole devrait racheter l'ensemble pour environ trois millions d'euros mais tout raser. Peut-être pour reconstruire. « C'est l'option qui tient la corde. Ça ne veut pas dire que la boîte de nuit va disparaître. Ce n'est pas à nous d'en décider. Peut-être qu'elle reviendra sous une autre forme. Il y a un droit à la fête en centre-ville. On l'a souvent rappelé aux riverains », explique Marc Hervé, premier adjoint à l'urbanisme. L'ancien café implanté au milieu de la dalle va également être rasé. Objectif : « ouvrir la dalle sur le reste de la ville », martèle l'élu socialiste. On notera que l'idée de la recouvrir d'un immense pôle commercial a été abandonnée. Mais alors que faire ?

Une concertation citoyenne pour repenser l'espace

Pour trouver le bon aménagement sans se ruiner, la municipalité a d'abord interrogé les habitants, commerçants et usagers du Colombier. « On a ici 4 500 habitants, dont certains qui habitent là depuis cinquante ans. Cette dalle, c'était une utopie. Le Colombier était vu comme le quartier de la modernité. Il y a des pépites architecturales. Le problème, ce n'est pas le bâti, c'est l'environnement qui s'est dégradé », analyse l'élu du centre-ville Didier Le Bougeant. Sans surprise, les habitués du Colombier ont fait part de leur sentiment d'insécurité, de l'aspect trop minéral de la dalle et d'une absence totale de végétation.

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Plus de végétation réclamée

Alors que la canicule s'abat de nouveau sur la capitale bretonne, le constat interroge. En attendant des aménagements plus lourds, la municipalité poursuivra sa concertation jusqu'en 2027 avant d'engager des travaux en 2028. L'objectif affiché est de boucler ce dossier avant la fin du mandat en 2032. D'ici là, des petites touches de verdure vont être installées dans les prochains jours. « La végétalisation et le besoin d'ombre faisaient partie des principales questions. Le défi, c'était de le faire rapidement. Nous allons installer de grands drapés la semaine prochaine et nous allons mettre des plaques de sedums (un tapis de plantes grasses nécessitant peu d'arrosage et pas d'entretien) pour végétaliser », explique Sofia Achiakh, du collectif Les Animées missionné pour ce chantier.

Les fontaines de la dalle Colombier ne pourront pas être remises en service. Pour les conserver, des aménagements temporaires à base de végétation vont être réalisés. La brasserie sera quant à elle détruite.

L'enveloppe pour le réaménagement de l'ensemble de la dalle est évaluée à un peu plus de 10 millions d'euros. Un montant qui ne comprend pas la rénovation du centre commercial voisin des Trois soleils, dont les travaux devraient débuter en fin d'année.

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