La Rochelle : Les candidats s'affrontent sur l'accessibilité pour sauver le commerce de centre-ville
La Rochelle : Les candidats divisés sur l'accessibilité du centre-ville

La crise du commerce rochelais au cœur des débats municipaux

Une inquiétude palpable plane sur le commerce du centre-ville de La Rochelle. En l'espace de trois années seulement, près de 130 boutiques ont définitivement baissé le rideau, un chiffre alarmant lorsqu'on le compare aux vingt fermetures enregistrées sur la période précédente de 2016 à 2022. Bien que le taux de vacance des locaux commerciaux se maintienne à un niveau relativement bas, autour de 3%, selon les données de l'Observatoire du commerce, le mécontentement gronde parmi les commerçants locaux. Leur principal grief ? L'accessibilité de plus en plus problématique au cœur de la cité portuaire.

Une assemblée générale pour interpeller les candidats

Cette problématique cruciale a été au centre des discussions lors de l'assemblée générale du City Club, ce jeudi 26 février. Cette association de commerçants rochelais, fondée en 2016 et forte d'une centaine de membres, a convié l'ensemble des candidats à la mairie pour exposer leurs visions et propositions. Quatre têtes de liste ont répondu présent : Christophe Batcabe, Olivier Falorni (représenté par deux colistières), Thibaut Guiraud et Maryline Simoné. Chacun a disposé de quinze minutes pour détailler ses idées devant une vingtaine de commerçants attentifs.

Des visions radicalement opposées pour attirer la clientèle

Si tous les candidats partagent l'objectif de ramener de la vie et des clients dans les rues commerçantes, les méthodes envisagées divergent profondément.

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Thibaut Guiraud, le maire sortant de Générations La Rochelle, a présenté ce qu'il qualifie de « mesure phare » de son programme : le doublement de la capacité du parking Verdun, qui passerait ainsi de 550 à 1 100 places. Il assure que cet investissement ne nécessitera pas d'augmentation des impôts locaux, étant financé par le budget annexe du stationnement.

Face à cette proposition, Maryline Simoné, candidate de La Rochelle Unie, s'interroge sur l'afflux de véhicules que cela pourrait générer. Elle préfère mettre en avant la gratuité des bus tous les week-ends et évoque la création d'un parking en périphérie pour désengorger le centre.

Les représentantes d'Olivier Falorni (Pour les Rochelaises et les Rochelais), Sophie Davisseau et Isabelle Penaud, ont quant à elles proposé un mixte : la construction de deux parkings silos à proximité du centre historique, couplée à la gratuité des transports en commun tous les samedis.

La gratuité, un sujet qui divise

La question de la gratuité des transports a immédiatement suscité des réactions vives. « La gratuité, ça n'existe pas, c'est une bêtise », a rétorqué Thibaut Guiraud, pointant du doigt la perte de recettes et s'interrogeant : « Qui va payer ? ». Christophe Batcabe, candidat d'Une Vision pour La Rochelle, a partagé cette méfiance, affirmant détester ce genre de promesses « puisqu'ensuite il faut expliquer pourquoi on ne peut pas les tenir ».

Critiquant la navette gratuite de centre-ville dont Thibaut Guiraud souhaite étendre le circuit, qu'il qualifie de « train touristique », Christophe Batcabe a présenté son projet alternatif : un RER urbain électrique, « utilisant les infrastructures ferroviaires existantes » pour relier La Rochelle à Marans et Surgères.

Les absents ont aussi leurs propositions

Interrogées par le journal Sud Ouest, les têtes de liste absentes de cette réunion ont également dévoilé leurs plans pour le commerce rochelais.

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  • Séverine Werbrouck (RN) souhaite « stopper l'idéologie anti-automobiliste » et permettre le retour des voitures sur le Vieux Port en semaine, hors saison touristique.
  • Véronique Bonnet (LFI) mise sur le développement des lignes de transport en commun, qu'elle promet de rendre « plus fréquentes, rapides et progressivement gratuites pour tou.tes ».
  • Enfin, Antoine Colin (Lutte ouvrière) propose une mesure radicale : la gratuité totale des bus et du stationnement pour tous, un système qu'il entend financer par « les profits des entreprises ».

Alors que les élections municipales approchent, le débat sur l'avenir du commerce de centre-ville à La Rochelle s'annonce intense, cristallisant les oppositions entre partisans de la voiture, défenseurs des transports en commun et promoteurs de solutions innovantes comme le RER urbain. L'enjeu est de taille : redonner souffle à un tissu commercial fragilisé et répondre aux attentes légitimes des commerçants locaux.