Ganges se mobilise contre le trafic de stupéfiants à l'approche des municipales 2026
Dans le cadre de la campagne des élections municipales de 2026, la ville de Ganges, dans l'Hérault, fait face à un défi majeur : la lutte contre le trafic de drogue. Le maire Michel Fratissier, en poste depuis 2011 et qui ne se représente pas, a déployé une stratégie combinant vidéosurveillance, prévention et répression pour permettre aux habitants de se réapproprier leur ville.
Une situation qui s'est dégradée avec le déplacement des trafics vers les zones rurales
Michel Fratissier analyse la situation avec lucidité : "Ganges a toujours été touché par le trafic de stupéfiants. La nouveauté, c'est l'élargissement des produits que l'on trouve mais aussi le fait que dans les grandes villes, le narcotrafic devient dangereux, alors on assiste à un déplacement dans les zones rurales avec de l'argent à prendre et des périls moins grands". La commune a connu des épisodes de violence, allant jusqu'à des coups de couteau et de feu, avec notamment un point de deal caricatural devant les halles où une vingtaine de jeunes se rassemblaient régulièrement.
La vidéosurveillance comme outil majeur de dissuasion
La municipalité a fait de l'aménagement urbain un atout dans sa lutte. La rénovation des halles, situées non loin de l'ancien "four" (point de deal), a été accompagnée d'une réflexion sur la visibilité des espaces publics. "On travaille sur la capacité des espaces à être visible de loin. Oui, il faut des arbres mais pas n'importe où et il faut que la vidéosurveillance puisse constater l'infraction", explique le maire. Les caméras se sont multipliées, avec six dispositifs installés près des halles et un total de 34 caméras sur l'ensemble de la commune, auxquelles s'ajouteront quatre nouvelles installations courant 2026.
Benoît Host, adjoint au maire chargé de la sécurité, confirme l'efficacité de ce dispositif : "On résout la quasi-totalité des faits grâce aux caméras, même les communes réticentes s'y mettent". La police municipale pluricommunale, actuellement présente dans cinq villages, va s'étendre à huit communes pour un meilleur maillage territorial, en coordination avec les 15 gendarmes locaux.
Des résultats tangibles mais une situation encore fragile
Les efforts conjugués de la municipalité et des forces de l'ordre ont permis de dissoudre le point de deal principal. Bertrand Vivancos, adjoint à l'économie et au tourisme et tête de liste pour les municipales du 15 mars, constate : "Les gens n'allaient plus au cinéma, il y avait un sentiment de peur, ils se sont réappropriés la ville". Cependant, la situation reste précaire. Certains leaders du trafic sont en prison, mais d'autres sont toujours présents sur la commune. Le phénomène de livraison à domicile se développe, rendant le trafic moins visible, et les points de deal se déplacent facilement vers les communes avoisinantes.
La prévention et l'accompagnement au cœur des propositions électorales
Michel Fratissier souligne l'importance de s'attaquer aux racines du mal : "Nous avons des populations en difficulté, j'alerte l'État sur l'état du logement dans les campagnes et puis, il y a les incivilités qui pèsent aussi". Il attend toujours la brigade mobile de six gendarmes promise par le président Emmanuel Macron en 2023.
De son côté, la liste citoyenne et participative "Collectif Ganges 2026", lancée le 20 février, prône une approche équilibrée. Diane Paloux, l'une des colistières, précise : "Nous défendons du répressif mais surtout de la prévention et de l'accompagnement à l'échelle de la commune, à travers une plus grande concertation entre services sociaux et judiciaires, bailleurs, gendarmerie, municipaux...". Cette vision met l'accent sur la nécessité d'une réponse globale, combinant sécurité et action sociale.
À l'approche des élections municipales de 2026, la question de la sécurité et de la lutte contre le trafic de drogue reste donc un enjeu central pour les habitants de Ganges, qui espèrent voir se poursuivre les efforts engagés pour pacifier leur ville.



