La Rochelle : du bidonville du Plateau de la Marine aux Chirons-Longs
Du Plateau de la Marine aux Chirons-Longs à La Rochelle

Le Plateau de la Marine : un bidonville insalubre

Dans les années 1980, le quartier de Chef-de-Baie à La Rochelle abritait le « plateau de la Marine », un bidonville où vivaient dans des baraques et caravanes des populations marginales. Les conditions de vie y étaient misérables, marquées par l'alcoolisme et les violences armées. La ville souhaitait agrandir la zone industrielle de Chef-de-Baie et voyait ce secteur comme une verrue urbaine.

L'expropriation et le relogement

Face à l'absence d'accord avec les propriétaires, le Conseil municipal lança une procédure d'expropriation tout en organisant le relogement des habitants. Une opération d'urbanisme originale vit le jour : la construction des Chirons-Longs, un ensemble de petits pavillons adaptés aux activités traditionnelles des résidents, notamment le ramassage et le commerce de ferraille. Ces logements étaient équipés de courettes pour stocker vélos, remorques et matériaux récupérés.

Les Chirons-Longs : entre réhabilitation et souvenirs

Vingt-cinq ans plus tard, en 2009, le quartier des Chirons-Longs bénéficie de travaux de réhabilitation : création d'une plaine arborée, city-stade, aire de pique-nique, boulodrome et aménagements de voirie. Ces aménagements visent à améliorer le cadre de vie et à atténuer le sentiment d'abandon. Cependant, les habitants restent sceptiques. Marie-Paule, résidente de longue date, se souvient avec nostalgie du Plateau de la Marine : « On n'avait pas le confort mais la solidarité et le respect étaient réels. »

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Problèmes persistants et espoirs

Le quartier souffre du chômage et de la déscolarisation, avec une image ternie par des faits divers violents, même s'ils sont rares. Les jeunes piétinent en attendant les nouvelles infrastructures. Séverine Fulran, éducatrice, défend le quartier : « Si c'était Chicago, il y a longtemps qu'il me serait arrivé quelque chose. » Les résidents sont surnommés « Peaux-rouges » et la mixité sociale reste faible, la plupart des logements étant attribués à des proches des occupants initiaux.

Un besoin de réhabilitation en profondeur

Pour Romain de l'association Cité jeunes, les nouveaux espaces de jeux peuvent favoriser la mixité et changer l'image du quartier. Mais un anonyme met en garde : « Il ne faut pas cacher la misère avec des travaux superficiels. La vraie réhabilitation, c'est celle des gens qui y vivent. » Un trentenaire souligne le rôle crucial des éducateurs comme Nasser Zérarga, qui ont aidé des jeunes à s'en sortir. Gilles Gautronneau, adjoint au maire, reconnaît que les Chirons-Longs devraient être une priorité dans les projets de réhabilitation, mais les interventions restent ponctuelles : électricité, isolation, façades. Le plan 2011-2013 prévoit une refonte des sanitaires et des façades.

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