Municipales 2026 à Béziers : la jeunesse entre précarité et espoir d'avenir
Béziers 2026 : la jeunesse entre précarité et espoir

Municipales 2026 à Béziers : la jeunesse entre précarité et espoir d'avenir

La jeunesse serait-elle la grande oubliée des périodes électorales ? Souvent stigmatisée par les générations précédentes, elle mérite pourtant qu'on lui prépare un véritable avenir. À la veille des Municipales 2026, à Béziers, zoom sur cette thématique cruciale avec les propositions des candidats.

Une jeunesse marquée par la pauvreté et la précarité

À Béziers, la jeunesse, qui représente 35,6 % de la population (de 0 à 29 ans, chiffres Insee 2022), reflète les contrastes d'une ville populaire où 52 % des enfants vivent dans un foyer pauvre. Une part importante des jeunes réside dans des quartiers prioritaires (QPV), où le chômage, la précarité et le décrochage scolaire pèsent lourdement sur les trajectoires.

Plus du quart (27,6 %) des 15 ans et plus sont sans diplôme, et le taux de chômage des 15-24 ans, bien qu'en baisse, atteint 35,6 %, un chiffre encore plus élevé dans les QPV. Les dispositifs d'accompagnement existent, comme la Mission locale du Biterrois ou le Point d'accueil et d'écoute des jeunes, mais ils peinent parfois à toucher les jeunes les plus éloignés des institutions.

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La sociabilisation et l'accompagnement sont devenus des parents pauvres : à Béziers, il manque des places en crèche, en accueil de loisirs et en centre médico-psychologique pour prendre en charge les addictions, notamment aux écrans, et la santé mentale des jeunes.

Des aspirations fortes à l'autonomie et à la reconnaissance

Pourtant, réduire la jeunesse biterroise à ses difficultés serait une erreur. Beaucoup expriment une forte aspiration à l'autonomie, à la stabilité professionnelle et à la reconnaissance. L'accès à l'emploi, au logement et à la mobilité constitue une priorité pour eux.

Les jeunes souhaitent aussi des espaces d'expression et de participation. "On dit que les jeunes ne s'intéressent plus à rien, mais c'est faux", sourit Mustapha Bayadroun, directeur de la MJC-Centre social Raimon-Trencavel. "Au Club Ados, ils manifestent une vraie envie de savoir, de découvrir d'autres horizons et d'échanger."

L'enjeu pour Béziers est de transformer cet accompagnement, même imparfait, en véritable levier d'émancipation, en valorisant les talents locaux et en créant des passerelles durables vers l'emploi et la formation.

Le combat pour l'éducation prioritaire

Le combat pour obtenir le classement en REP+ (réseau d'éducation prioritaire) des collèges de La Dullague et Lucie-Aubrac, à Béziers, et de leurs écoles primaires de secteur, dure depuis 2014. Douze ans que les équipes, les enseignants et les parents d'élèves se mobilisent pour obtenir des moyens supplémentaires.

Les chiffres sont accablants : taux de pauvreté élevé, nombre d'élèves boursiers (plus de 75 % à La Dullague), et un indice de position sociale en baisse, passant de 83 en 2016 à 75 en 2024 à La Dullague, contre 101 au niveau national.

Les propositions des candidats pour la jeunesse

Thierry Antoine (divers gauche) : "Donner à tous les enfants les moyens d'étudier". Il propose des fournitures gratuites, la rénovation des bâtiments scolaires, la gratuité des activités périscolaires et l'amélioration de la cantine.

Julien Gabarron (Rassemblement national) : "Zéro jeune sans solution". Il souhaite renforcer l'offre sportive et culturelle, créer un conseil municipal des jeunes et embaucher des médiateurs dans les quartiers.

Thierry Mathieu (sans étiquette) : Il propose de créer une maison de quartier au centre-ville, de rénover les écoles, de climatiser celles qui le nécessitent et de lancer une politique culturelle adaptée à la jeunesse.

Robert Ménard, maire sortant (divers droite) : Il annonce l'ouverture de deux instituts universitaires, le doublement de la surface de l'Université Paul-Valéry et la création d'un centre police jeunes pour les décrocheurs.

David Ocard (La France insoumise) : "Donner à chaque enfant les mêmes chances". Il défend un plan d'investissement pour rénover les écoles, réduire les inégalités entre quartiers et développer des espaces dédiés aux jeunes.

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Entre vulnérabilité et énergie créative, la jeunesse biterroise cherche avant tout des perspectives concrètes et une place pleine et entière dans la cité. Il suffit de l'écouter et de lui donner quelques clés pour bâtir l'avenir de Béziers.