Boulogne-Billancourt : la bataille municipale s'engage sur les mobilités et l'écologie
Boulogne-Billancourt : l'élection municipale se joue sur les transports

Boulogne-Billancourt : une campagne municipale sous tension

Il ne nie pas avoir hésité avant de se lancer dans la course. Mais face à l'absence de relève évidente, Pierre-Christophe Baguet a finalement décidé de briguer un quatrième mandat à la mairie de Boulogne-Billancourt. Contrairement à la législative partielle de février 2025 où la droite s'était dispersée, le maire sortant bénéficie cette fois d'un large soutien, allant de LR à Renaissance en passant par Horizons.

Cette coalition n'empêche pas Antoine de Jerphanion, représentant du parti philippiste et déjà candidat en 2020, de retenter sa chance. « Boulogne a besoin d'un nouveau souffle », estime celui qui a démissionné de la majorité municipale après un bref passage comme adjoint. Comme d'autres élus de la majorité qui l'ont suivi, il dénonce le « manque d'écoute » et « l'autoritarisme » du maire.

La gauche, quant à elle, part divisée comme en 2020 entre Judith Shan pour le PS et Pauline Rapilly Ferniot pour les Écologistes, reprenant à leur compte les critiques formulées par l'opposition.

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Mobilités : le point noir du mandat

Pour l'ensemble des candidats de l'opposition, la question des mobilités constitue l'échec majeur du mandat. « Il n'y a eu aucune avancée sur ce sujet », affirme Antoine de Jerphanion. Pourtant, la municipalité a lancé douze mesures suite aux états généraux de l'espace public de 2023, incluant la réduction de la circulation à 30 km/h, la piétonnisation temporaire du boulevard Jean-Jaurès et l'étude du réaménagement de la place Marcel-Sembat.

Le maire reconnaît cependant l'échec d'un projet plus ambitieux : « Le ministère de la Défense ne veut pas qu'on touche à cette voie stratégique sur laquelle doivent pouvoir passer les chars du défilé du 14-Juillet. Ce dossier est bloqué », confie Pierre-Christophe Baguet, faisant référence aux avenues du Général-Leclerc et Édouard-Vaillant qu'il souhaitait enfouir en partie.

Les solutions proposées par l'opposition divergent : Antoine de Jerphanion promet un boulevard urbain apaisé, Judith Shan propose de « limiter le trafic de transit en instaurant un péage » tandis que Pauline Rapilly Ferniot annonce la piétonnisation permanente du boulevard Jean-Jaurès.

Transition écologique : des réalisations contestées

Boulogne-Billancourt met en avant plusieurs réalisations environnementales : premier éclairage public 100% LED alimenté par de l'électricité renouvelable, construction du plus grand immeuble d'Europe en blocs de terre crue, création d'une Maison de la planète fréquentée par plus de 39 000 visiteurs.

Mais ces efforts laissent l'écologiste Pauline Rapilly Ferniot sur sa faim : « C'est un mandat perdu pour les enjeux écologiques ». Elle dénonce une végétalisation en trompe-l'œil qui se résumerait souvent à « trois bouts de copeaux avec un bébé arbre ».

Judith Shan abonde : « Le seul vrai jardin qui a été créé, c'est celui qui vient d'être inauguré sur l'île Seguin, mais c'est un projet du département ». Le maire sortant rétorque : « On ne va pas faire une forêt amazonienne alors qu'on a déjà le Bois de Boulogne et le parc des Glacières ».

Île Seguin : un aménagement complexe

Neuf ans après l'ouverture de la Seine musicale, la pointe amont de l'île Seguin s'apprête à accueillir le projet du groupe Emerige comprenant une fondation d'art contemporain, un cinéma multiplex Pathé, un hôtel, des commerces et des bureaux sur plus de 53 000 mètres carrés.

Le parc départemental de sculptures Gauthier-Mougin vient d'être inauguré au centre de l'île sur 3,5 hectares au lieu de 1,5 initialement prévu. Un gain obtenu grâce au protocole d'accord signé en 2023 entre la ville, la SPL, Bouygues Immobilier et les associations.

Mais la situation reste tendue : « En retardant les travaux, ces derniers ont fait perdre 136 millions d'euros à la SPL, à la charge des contribuables boulonnais », pointe Christine Lavarde, sénatrice et conseillère municipale LR. La crise immobilière a poussé Bouygues à ne pas engager de travaux sans avoir trouvé des partenaires financiers.

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Sport : entre ambitions et réalités

Le projet de palais omnisports de 5 000 places place Bir-Hakeim, destiné à accueillir l'équipe de basket des Metropolitans 92, a finalement succombé aux recours contre la modification du plan local d'urbanisme.

La fermeture de la patinoire à l'automne 2024 « a été un drame pour les 1 200 sportifs réguliers », rappelle Yan Le Men, président de l'association Patiner à Boulogne. Tous les candidats - sauf le maire sortant - promettent d'étudier sa réouverture.

Pierre-Christophe Baguet considère que « la page est tournée » et met en avant le succès du padel qui a pris possession des lieux, générant des économies et des recettes pour la ville.

Perspectives d'avenir

Si réélu, Pierre-Christophe Baguet fera du prolongement de la ligne 12 jusqu'à l'île Seguin « le combat » de son mandat. Il soutient également le projet de téléphérique entre Vélizy et le Pont de Sèvres, qu'il estime pouvoir être « le seul téléphérique rentable d'Île-de-France ».

Enfin, l'arrivée de Xavier Niel, associé à Novaxia via sa holding NJJ, pourrait permettre la restauration du château Rothschild, à l'abandon depuis 1986. La ville, propriétaire du parc, a récupéré le jardin japonais en contrepartie de la cession d'une partie de la pelouse, ouvrant la perspective d'un nouveau chantier patrimonial.