Un bilan décennal pour le PLUi d'Aire-sur-l'Adour
Le Conseil communautaire de la Communauté de communes d'Aire-sur-l'Adour s'est réuni à Buanes, mardi 24 février, pour dresser le bilan du Plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), dix ans après sa mise en place. Cette évaluation obligatoire a permis de souligner les avancées significatives et les points nécessitant des améliorations.
Le président Philippe Brethes a profité de cette séance pour remercier l'ensemble des conseillers pour leur engagement en faveur de l'intérêt général. En l'absence du Compte financier unique (CFU), non retourné par les Finances Publiques, les comptes ont été présentés succinctement. On retiendra un résultat de fonctionnement de 3,1 millions d'euros, bénéficiant de la baisse du coût de l'énergie et d'une quasi-déflation des charges de personnel. Cependant, la hausse du coût des assurances suscite des inquiétudes.
Au niveau de l'investissement, des Restes à réaliser très importants s'élèvent à 4,9 millions d'euros, principalement expliqués par le démarrage différé du chantier du pôle culturel.
Les réussites du PLUi : économie et artificialisation maîtrisée
L'évaluation du PLUi, présentée par les rapporteurs Romain Carrère et Daniel Saint-Genez, a classé une douzaine d'objectifs par degré d'atteinte. L'économie figure en tête des réussites, avec 5 500 emplois pour 5 000 actifs, témoignant d'une dynamique économique positive.
La consommation d'espace naturel, agricole et forestier constitue également une satisfaction majeure. La communauté n'a consommé que 16 des 111 hectares attribués en 2015, préservant ainsi un paysage peu artificialisé. Cette maîtrise de l'étalement urbain est un point fort du territoire.
Les objectifs partiellement atteints : habitat, mobilité et agriculture
Plusieurs secteurs sont en ligne avec les objectifs, mais avec des nuances. L'habitat peine à créer suffisamment de logements, bien que le taux de vacance baisse doucement. La mobilité est sur la bonne voie, avec 85% des nouveaux arrivants travaillant sur le territoire d'Aire, indiquant une attractivité locale.
L'agriculture régresse au rythme national, avec une diminution de 17% du nombre d'exploitations, mais les signes de qualité augmentent, montrant une évolution vers des pratiques plus durables.
Les défis persistants : démographie et attractivité
La démographie reste un point faible, avec une croissance estimée à seulement 0,7%, soit dix fois moins que prévu, accompagnée d'un vieillissement accentué de la population. Xavier Lagrave, maire d'Aire-sur-l'Adour, a ironisé sur le manque d'équipements structurants, déclarant : « il manque une piscine », soulignant ainsi les lacunes en matière d'attractivité.
La réponse à ces enjeux démographiques se trouve dans le renforcement du secteur économique, l'amélioration de l'offre de logements et le développement d'équipements attractifs.
Autres points débattus : contentieux et soutien au commerce
Le conseil a également abordé le contentieux avec le promoteur du magasin But, qui a obtenu gain de cause devant la commission nationale (CNAC). Les élus, unanimement opposés à ce projet, ont donné mandat au président pour faire appel de cette décision.
En matière de soutien au commerce de centre-ville, la communauté a acquis l'ancien magasin de fruits et légumes de la rue Gambetta. Le propriétaire souhaitant vendre et non louer, la collectivité a acheté le bâtiment pour le revendre à terme aux exploitants Cyril Sarrade et Fanny Lafenêtre. Ceux-ci proposeront des fruits et légumes locaux et bio, reproduisant un montage similaire à celui qui a permis la reprise du bar le Gambetta.
Ce bilan décennal du PLUi d'Aire-sur-l'Adour met en lumière une gestion territoriale globalement positive, mais appelle à des efforts renforcés sur les questions démographiques et de logement pour assurer un développement équilibré et durable du territoire.



