Agen après Dionis du Séjour : bilan contrasté de 18 ans de transformation urbaine
Agen : bilan contrasté après 18 ans de Dionis du Séjour

Agen après l'ère Dionis du Séjour : un héritage urbain aux avis partagés

Pendant dix-huit ans et trois mandats successifs, Jean Dionis du Séjour a dirigé la mairie d'Agen, accompagnant une transformation profonde de la ville. Du parc Armand-Fallières à la piétonnisation des rues du centre-ville, en passant par de nombreux chantiers, son action a durablement marqué le paysage urbain agenais. Cependant, le résultat des dernières élections municipales, qui ont vu la victoire de son adversaire Laurent Bruneau, suggère que certains habitants ont manifesté une certaine lassitude après cette longue période.

Les réalisations plébiscitées du centre-ville

Pour de nombreux administrés, certaines transformations sont clairement appréciées. Sous le soleil printanier du parc Armand-Fallières, l'un des derniers-nés de l'aménagement du centre, les retours sont positifs. Jamel loue particulièrement « sa proximité » : « On peut y venir avec les enfants à pied ou à vélo très facilement. » Solange, une retraitée habitant le centre-ville, souligne quant à elle la piétonnisation du boulevard de la République « et la rénovation complète des rues, avec des trottoirs nettement plus larges et agréables. » Francis exprime son enthousiasme pour la nouvelle place Jasmin, qu'il décrit comme « un endroit parfait pour les animations en plein air, vraiment bluffant. »

Les chantiers pharaoniques et leur héritage nuancé

Si les travaux visibles « au bout de nos rues » sont généralement bien perçus par les résidents du centre, d'autres projets d'envergure laissent un souvenir plus mitigé. Le barreau de Camélat, avec ses 60 millions d'euros d'investissements (dont un tiers financé par l'Agglomération), ou le parc Passeligne de Boé, plus ancien, font l'objet d'avis partagés. Maëlle et ses amies lycéennes jugent l'espace naturel « un peu trop éloigné et surtout sans assez d'ombre pour être vraiment confortable. » Françoise, se définissant comme « cycliste sans voiture », confie n'avoir jamais mis les pieds sur le troisième pont de l'Agenais, même en empruntant les pistes cyclables développées durant ces dix-huit années.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Les souvenirs des travaux et les transformations moins visibles

Les nombreux chantiers qui ont jalonné ces presque deux décennies laissent également une mémoire contrastée. Antoine, Bordelais de passage « deux jours par semaine à Agen », s'interroge : « J'ai vu qu'il y avait encore des travaux vers la rue Sembel, c'est pour les vélos encore ? » En réalité, il s'agit cette fois de la poursuite du réseau de chaleur urbain. Il ajoute, avec une pointe d'ironie : « Bon après, je ne visite pas grand-chose ici, à part la gare. » Ce qui tombe plutôt bien, puisque c'est également sous la mandature de Jean Dionis du Séjour que cette gare presque centenaire s'est offert un important ravalement de façade, symbole d'une modernisation parfois discrète mais bien réelle.

Au final, le bilan de ces trois mandats apparaît profondément contrasté. Entre des aménagements très appréciés dans le cœur historique et des projets d'envergure au legs plus nuancé, entre des transformations visibles et d'autres plus discrètes, l'héritage de Jean Dionis du Séjour divise encore les opinions. Les Agenais semblent partagés entre la reconnaissance pour une ville métamorphosée et la fatigue face à des années de chantiers incessants, comme en témoigne le changement politique intervenu aux dernières municipales.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale