Roquebrune-Cap-Martin : des ateliers de sensibilisation en alternative aux contraventions routières
Roquebrune : ateliers de prévention routière au lieu d'amendes

Une alternative pédagogique aux contraventions à Roquebrune-Cap-Martin

Ce mercredi après-midi, un contrôle routier d'un genre nouveau s'est déroulé à l'espace Jean Gioan de Roquebrune-Cap-Martin. Les conducteurs interpellés pour des infractions au Code de la route se sont vu proposer un choix inédit : régler une contravention ou participer à des ateliers de sensibilisation aux dangers de la route.

Une approche combinant répression et pédagogie

Des agents de la police nationale et des polices municipales de Menton et Roquebrune étaient positionnés à des endroits stratégiques pour constater les infractions. Hormis les délits, qui ont suivi une procédure classique, les contrevenants ont été orientés vers l'espace Jean Gioan pour participer à des ateliers éducatifs.

« Les chiffres montrent une hausse de l'accidentalité et des comportements déviants. Sur les secteurs de Menton, Roquebrune et Beausoleil, plus de trois contrôles sont menés sur une tranche de 24h. Mais le tout répressif ne marche pas. Il faut aussi sensibiliser », explique le commissaire de Menton, Yannick Dupin.

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Le secteur, connu pour des excès de vitesse, des franchissements de ligne blanche et des ports d'écouteurs, fait régulièrement l'objet de contrôles traditionnels. Cette initiative vise à compléter ces actions par une dimension préventive.

Quatre ateliers pour comprendre les risques

Les ateliers étaient animés par des membres des services préfectoraux et des intervenants départementaux de sécurité routière, tous bénévoles. « Transmettre la pédagogie sans être moralisateurs. Faire comprendre les risques et expliquer pourquoi », résume Nadia Hulin, cheffe du bureau de la sécurité routière à la préfecture des Alpes-Maritimes.

  • Atelier 1 : Alcool et stupéfiants – Il démontrait que les doses consommées sont souvent plus importantes que prévu, avec un accent sur le protoxyde d'azote, dont la consommation détournée pourrait devenir un délit selon un projet de loi présenté récemment.
  • Atelier 2 : Deux-roues motorisés – Ces véhicules sont surreprésentés dans les accidents, avec 15 décès sur 51 dans le département l'an dernier, bien que ce chiffre ait diminué de moitié depuis 2024 grâce à la sensibilisation.
  • Atelier 3 : Sécurité des enfants – Sous forme de jeu des sept erreurs, il rappelait les risques pour les piétons, notamment les plus jeunes.
  • Atelier 4 : Distracteurs – Consacré aux écrans, il illustrait par le jeu comment l'utilisation du téléphone réduit la concentration au volant.

Des retours positifs et une logique gagnant-gagnant

L'opération a permis de sensibiliser 61 personnes, contre seulement 11 verbalisations. « C'est impossible de quantifier les effets d'une telle opération, mais on constate que les usagers sont contents de ne pas être verbalisés. Ils reçoivent parfois des informations qu'ils n'avaient pas », observe Nadia Hulin.

Un adolescent arrêté pour un problème de scooter et sans gants a ainsi évité une amende de 45 euros en participant aux ateliers. « Sur un stand, on m'a expliqué quel était le taux maximum d'alcool pour conduire. Je ne le savais pas », confie-t-il, soulagé et désormais conscient de l'importance des règles pour sa sécurité.

Au simulateur de deux-roues, les participants mesuraient leur temps de réaction face à un piéton surgissant, avec pour conseil de rouler moins vite pour anticiper les dangers. Cette initiative, alliant fermeté et éducation, montre que la prévention routière peut emprunter des chemins innovants pour réduire les comportements à risque.

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