Un rond-point dangereux à Cornebarrieu : quatre accidents majeurs en quatre ans
Rond-point dangereux à Cornebarrieu : quatre accidents en quatre ans

Un rond-point transformé en zone de crashs à répétition

« Va-t-on devoir attendre qu’il y ait un mort ? » La question est lancée par Jean-François Bardou, directeur d’Accord Médical, installé rue Jean-Breguet à Cornebarrieu, près de Toulouse. Son entreprise, présente depuis seulement cinq ans, subit les conséquences d’un rond-point situé en surplomb, responsable de quatre accidents majeurs en à peine quatre ans.

Le patron lésé ne mâche pas ses mots : « Il ne se passe pas une semaine sans un problème sur ce rond-point ». Il pointe une configuration particulièrement dangereuse : une forte pente précédant le giratoire incite de nombreux conducteurs à aborder le rond-point à une vitesse excessive. « Les voitures arrivent trop vite et elles perdent le contrôle », explique-t-il, précisant que certaines traversent le trottoir et plongent dans la cour de son entreprise, située en contrebas.

Un dernier accident spectaculaire et inquiétant

Le dernier accident, survenu le 22 février, a été particulièrement spectaculaire. Les images de vidéosurveillance montrent une voiture lancée à vive allure qui heurte violemment le bord du rond-point, pulvérise une barrière en bois, traverse une piste cyclable et termine sa course encastrée dans plusieurs véhicules de l’entreprise. L’un d’eux a été déclaré irrécupérable, et le conducteur grièvement blessé.

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Jean-François Bardou, également père de famille, s’agace : « À quelques secondes près, c’était une famille à vélo qui se faisait percuter ». En effet, les images révèlent une cycliste et deux enfants empruntant la piste cyclable quelques instants avant le drame. « Si le timing avait été différent, on aurait eu un drame humain », insiste-t-il, soulignant la gravité de la situation.

Des signalements restés sans réponse

Depuis 2024, le directeur d’Accord Médical a multiplié les courriers et les signalements auprès des autorités compétentes, mais sans obtenir de réponse. « Même les gendarmes savent qu’il y a un problème ici. Et le fait de n’avoir aucun retour de la métropole, c’est du mépris », commente-t-il avec amertume.

Ironie du sort, ces deux dernières années, la collectivité a réalisé des aménagements sur ce rond-point, en créant une piste cyclable et des passages piétons à cet endroit précis. « C’est tellement dangereux pour les cyclistes et les piétons », critique Jean-François Bardou, estimant que ces mesures ne suffisent pas à sécuriser les lieux.

Il a même demandé l’ouverture d’un débat public auprès de la municipalité, alors que les élections approchent. « Je ne veux pas attendre qu’il y ait un mort pour que les pouvoirs publics réagissent », insiste-t-il, déterminé à faire bouger les lignes.

La réponse de Toulouse Métropole

Contactée, Toulouse Métropole affirme qu’à « ce stade les éléments dont nous disposons, cet axe, et ce rond-point n’est pas identifié comme accidentogène ». Selon elle, les accidents recensés par Accord Médical seraient « a priori sans lien avec la configuration ou les aménagements du site ».

La métropole précise : « Si des besoins complémentaires de sécurisation étaient identifiés, des adaptations pourraient être étudiées dans le cadre des programmations habituelles de voirie ». Concernant le dernier accident, en attendant les conclusions de l’enquête, des barrières provisoires seront placées la semaine prochaine, avant l’arrivée de nouvelles barrières déjà commandées.

Malgré ces annonces, Jean-François Bardou reste vigilant, craignant que des mesures temporaires ne suffisent pas à prévenir de nouveaux drames sur ce rond-point jugé hautement dangereux par les riverains et les usagers de la route.

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