Une destruction spectaculaire pour marquer les esprits à Boulazac
Ce jeudi 26 février, un spectacle insolite s'est déroulé au sein de l'entreprise Sirmet, située à Boulazac-Isle-Manoire dans le département de la Dordogne. Trois motos de cross, préalablement saisies par les forces de l'ordre à la suite de rodéos urbains, ont été méthodiquement détruites sous les yeux des autorités et des médias.
Un broyage symbolique sous le regard des autorités
Les regards se sont tournés vers le ciel alors qu'une motocyclette de couleur verte, saisie à Bergerac, était suspendue à un crochet avant d'être lâchée dans une benne pour être broyée. Les visages des témoins se crispaient au rythme du vacarme assourdissant produit par la machine, qui recrachait des morceaux d'aluminium.
Le pilote de cette moto, un jeune homme âgé de 22 ans, avait été intercepté alors qu'il circulait à contresens, obligeant des passants à se « jeter dans le bas-côté », comme l'a précisé Régis Allegri, commissaire divisionnaire et responsable de la police nationale en Dordogne.
Une réponse forte face à des pratiques persistantes
Bien que les rodéos urbains « ne soient pas quotidiens » dans la région, tempère le commissaire, pas moins de sept motos ont tout de même été saisies dans le département au cours de l'année 2025. Ces saisies interviennent dans le cadre des 250 opérations menées par les forces de l'ordre pour lutter contre ce fléau.
Les policiers multiplient les contrôles routiers, mais aussi les rencontres de prévention avec les jeunes dans les collèges et les lycées. Cependant, cette journée du 26 février visait à aller au-delà de la simple pédagogie. « Cette opération de destruction est un symbole, et une image forte, on l'espère », a expliqué la préfète Marie Aubert, soulignant la dimension symbolique de l'action.
Pourquoi ces motos n'ont pas pu être réutilisées ?
Si les véhicules saisis peuvent parfois être revendus ou réattribués à la police pour servir de voitures banalisées, ce ne fut pas le cas pour ces trois motos. « Elles ne sont pas homologuées et peuvent avoir été trafiquées », a ajouté Marie Aubert, alors que le troisième engin était réduit en morceaux.
Ce que prévoit la législation en matière de rodéos urbains
La loi stipule clairement que les forces de l'ordre ont la possibilité de saisir les véhicules impliqués dans des rodéos urbains. À l'appréciation du procureur de la République, ces véhicules peuvent être détruits ou vendus avant même le jugement de l'auteur du délit, notamment si celui-ci présente un danger immédiat pour la sécurité publique.
L'auteur d'un rodéo urbain s'expose à des sanctions sévères :
- Un an d'emprisonnement
- Jusqu'à 15 000 euros d'amende pour un rodéo simple
- Des peines aggravées si les faits sont commis en réunion ou sous l'emprise de stupéfiants
Cette opération de destruction à Boulazac s'inscrit donc dans une stratégie globale de dissuasion et de sensibilisation, combinant actions répressives et préventives pour endiguer un phénomène qui menace la sécurité des citoyens et la tranquillité publique.



