Les deux-roues, parias de la route dans les années 1970 : un danger persistant
Dans le bilan des morts de la route en France, la part des deux-roues représentait en 1974 plus de 27%, un chiffre alarmant qui soulignait le danger omniprésent pour les cyclistes et les motards. François Dupuis rapportait cette réalité dans le journal le Nouvel Obs le 1er mars 1976, mettant en lumière une époque où ces usagers étaient souvent considérés comme les parias de la route.
L'expansion automobile et l'explosion des accidents
À la fin des Trente Glorieuses, la France connaissait une transformation majeure de son parc automobile. Trois quarts des ménages possédaient une voiture, contre moins de 10% en 1950. Cette expansion rapide après-guerre s'est accompagnée d'une explosion des accidents de la route, avec un pic de plus de 16 545 tués en 1972.
Malgré une prise de conscience croissante de l'ampleur de la mortalité routière, et la mise en place de mesures préventives dès 1973, comme la généralisation des limitations de vitesse, le port progressif de la ceinture de sécurité, et l'obligation du casque pour les deux-roues motorisés, la route restait un environnement particulièrement dangereux.
Les chiffres tragiques des deux-roues
Selon les données de la Sécurité routière citées dans l'article, en 1974, 580 cyclistes et 3 080 conducteurs de deux-roues motorisés ont perdu la vie dans des accidents de la circulation. Ce total de 3 660 décès représentait précisément 27% des morts sur les routes françaises cette année-là.
Ces statistiques mettent en évidence la vulnérabilité accrue des usagers de deux-roues, souvent exposés à des risques plus élevés que les automobilistes, en raison de facteurs comme le manque de protection physique et la cohabitation difficile avec un trafic automobile en pleine croissance.
Le contexte des mobilisations écologistes
Dans ce contexte, des mouvements comme l'ONG écologiste Les Amis de la Terre organisaient des manifestations pour promouvoir des alternatives à la voiture. Par exemple, le 22 avril 1972, une manifestation cycliste à Paris, place de l'Étoile, avait pour mot d'ordre "Des vélos, pas des voires", illustrant les débuts d'une prise de conscience environnementale et sécuritaire.
Ces événements montrent que, même il y a cinquante ans, des voix s'élevaient pour questionner la domination de l'automobile et défendre la sécurité des usagers les plus vulnérables, préfigurant les débats actuels sur la mobilité durable et la prévention routière.
En comparaison, en 2025, les chiffres ont évolué, avec 234 cyclistes et 691 conducteurs de deux-roues motorisés tués, indiquant une amélioration, mais rappelant que la vigilance reste de mise pour protéger ces usagers sur nos routes.



