Une meilleure organisation de la prise en charge des traumatismes graves permet de maximiser les chances de survie des victimes, selon une étude française publiée dans le Journal of the American College of Surgeons. Les chercheurs ont analysé les données de 1 200 patients admis dans 15 hôpitaux français entre 2018 et 2022. Les résultats montrent que lorsque les protocoles sont strictement suivis et que les équipes sont coordonnées, le taux de mortalité chute de 25 %.
Des protocoles clés pour sauver des vies
L'étude, menée par le professeur Pierre-Yves Gueugniaud du CHU de Lyon, souligne l'importance de la standardisation des soins. « Chaque minute compte dans les traumatismes graves. Une organisation rigoureuse, avec des équipes d'urgence formées et des protocoles clairs, peut faire la différence entre la vie et la mort », explique-t-il. Les facteurs clés incluent l'activation rapide d'une équipe pluridisciplinaire, la réalisation d'un scanner corporel complet en moins de 30 minutes, et l'orientation directe vers un bloc opératoire si nécessaire.
Impact mesurable sur la mortalité
Les données montrent que dans les hôpitaux ayant mis en place ces protocoles, la mortalité à 30 jours est passée de 18 % à 13,5 %. Soit une réduction relative de 25 %. « Ces résultats sont significatifs et montrent que des changements organisationnels, sans nécessairement plus de moyens, peuvent améliorer la survie », commente le Dr. Karim Tazarourte, co-auteur de l'étude.
Vers une généralisation des bonnes pratiques
Les auteurs espèrent que ces conclusions inciteront les établissements de santé à adopter ces recommandations. En France, environ 20 000 personnes sont victimes chaque année de traumatismes graves, dont 3 000 décèdent. Une meilleure organisation pourrait sauver jusqu'à 750 vies par an, selon les estimations de l'étude. Les chercheurs préconisent la création de centres de traumatologie dédiés, comme cela existe déjà dans certains pays.



