Les États généraux de la médecine intensive-réanimation : un événement majeur à Bordeaux
Les États généraux de la médecine intensive-réanimation ont rassemblé plus de 250 professionnels de cette spécialité hospitalière indispensable, durant trois jours à Bordeaux. Cet événement a permis de poser les bases d'un livre blanc destiné à façonner l'avenir de ce domaine médical essentiel.
Une spécialité exigeante et cruciale
La médecine intensive-réanimation (MIR) est une spécialité médicale hospitalière qui prend en charge les patients en situation très critique. Elle exige des professionnels de santé particulièrement rompus à l'exercice de soins à la fois techniques et éprouvants physiquement. Entre mercredi 11 et vendredi 13 mars, plus de 250 professionnels, médecins et paramédicaux, du public et du privé, venus de toute la France et œuvrant dans des services pédiatriques et adultes, se sont réunis à Bordeaux pour ces États généraux.
Le professeur Olivier Brissaud, responsable du service soins critiques pédiatriques au CHU de Bordeaux, a participé à l'organisation de cet événement. Il explique : « Durant ces trois journées, nous avons travaillé à construire la médecine intensive-réanimation de demain, en participant à des ateliers de réflexion autour de la définition de notre expertise, de la formation et de l'innovation. Ceci au regard des vingt prochaines années. »
Des défis humains et éthiques
Nicolas Terzi, président du conseil national des professionnels de MIR, professeur des universités et praticien hospitalier au CHU de Rennes, souligne les enjeux de cette spécialité. Il ajoute : « Il y a beaucoup de turnover dans nos équipes, car cette spécialité est très lourde, avec une très forte pénibilité physique et émotionnelle. Nous devons réfléchir à rendre la spécialité attractive pour assurer une longévité au sein de nos services exigeants. »
La médecine intensive-réanimation ne doit pas être assimilée aux urgences, bien qu'elle soit pratiquement à 100 % une activité non-programmée. Le professeur Terzi précise : « En médecine intensive-réanimation, nous traitons des personnes qui sont sur un fil, avec des pathologies parfois complexes, qui peuvent potentiellement engager un pronostic vital à court terme. Nous utilisons des plateaux techniques très pointus, qui exigent un haut niveau de compétences, pour les médecins, les infirmiers et tous les paramédicaux. À ce jour, ces derniers sont formés sur le terrain, alors qu'une formation adaptée théorique devrait exister. Nous sommes au cœur d'enjeux humains et éthiques, H 24. »
Un livre blanc pour l'avenir
À l'issue des travaux des États généraux bordelais, un livre blanc sera rédigé et présenté officiellement à la fin du printemps aux pouvoirs publics, agences de santé et directeurs d'hôpitaux et de clinique. Le professeur Brissaud assure : « Ce livre blanc sera un support pour les décisionnaires. Un moyen de co-construire la pérennité de notre activité, car si ces services se révèlent structurellement coûteux, ils sont néanmoins indispensables en termes de sécurité sanitaire pour le pays, nous l'avons vécu de plein fouet pendant le Covid, et nécessaires à d'autres activités au sein des hôpitaux. »
Au-delà des cas particuliers que les unités de MIR prennent en charge 24 heures sur 24, leur vocation est aussi de répondre aux crises sanitaires. Ce livre blanc vise donc à renforcer la résilience et l'efficacité de ces services vitaux pour l'ensemble de la population.



