Le taï-chi, une thérapie douce pour les patients atteints de cancer à Béziers
Depuis janvier 2026, le centre de radiothérapie et d'oncologie Oncodoc, situé à Béziers dans l'Hérault, a intégré des cours de taï-chi dans son offre de soins de support. Cette initiative vise à améliorer la qualité de vie des patients durant et après leurs traitements contre le cancer, en réduisant les effets secondaires comme la fatigue et en renforçant le bien-être général.
Une méthode innovante : l'Oncotaichi
Julien Welmant, oncologue radiothérapeute à l'Oncodoc, a découvert le taï-chi grâce à Delphin Vidal, un enseignant formé par Shen Zhengyu, un maître reconnu en médecine chinoise. Après avoir personnellement expérimenté les bienfaits de cette discipline, Julien Welmant s'est appuyé sur des études scientifiques, notamment de l'American Society of Clinical Oncology (ASCO), pour valider son efficacité. Ensemble, ils ont développé la méthode "Oncotaichi", adaptée spécifiquement aux besoins des patients atteints de cancer.
Cette méthode agit sur plusieurs fronts : elle aide à diminuer la fatigue, à améliorer la libido, à réduire les fuites urinaires et à renforcer la musculature. Delphin Vidal explique que le taï-chi combine des mouvements lents à l'extérieur avec une énergie rapide à l'intérieur, le décrivant comme "du kung-fu au ralenti". Accessible à tous, quel que soit l'âge, cette discipline est proposée gratuitement aux patients de l'Oncodoc.
Créer un espace de parole pour les hommes
Avant l'introduction du taï-chi, l'Oncodoc offrait déjà divers soins de support, tels que le yoga, la sophrologie et un soutien psychologique. Cependant, Julien Welmant a constaté que les hommes participaient peu à ces activités. Pour remédier à cela, des cours de taï-chi en non-mixité ont été mis en place, permettant aux patients masculins de se retrouver entre eux et de partager leurs expériences.
Julien Welmant souligne que ces séances fonctionnent comme "un groupe de parole déguisé", où cinq à dix patients se réunissent régulièrement, créant des liens et s'exprimant sur les défis liés à leur maladie. Cette approche est cruciale, car un cancer représente un bouleversement majeur, et de nombreux hommes n'ont pas appris à exprimer leurs souffrances.
Un financement à pérenniser
Le succès de ces ateliers dépend maintenant de la stabilité financière. Actuellement, les cours sont financés par l'association Midi Onco, rattachée à l'Oncodoc, qui repose sur des dons de particuliers et de laboratoires privés comme Ipsen. Julien Welmant et Delphin Vidal espèrent étendre cette innovation à d'autres centres de soins en France, mais cela nécessite de trouver un budget pérenne pour assurer la continuité des activités.
En résumé, le taï-chi à l'Oncodoc de Béziers illustre comment une pratique ancestrale peut être adaptée pour soutenir les patients atteints de cancer, offrant des bénéfices tangibles sur le plan physique et émotionnel, tout en favorisant une communauté de soutien essentielle durant le traitement.



