Crise des soins palliatifs à l'hôpital d'Antibes : des lits fermés, des équipes épuisées
L'unité de soins palliatifs du centre hospitalier d'Antibes est-elle à bout de souffle ? Face à un manque criant de médecins, plusieurs lits ont été fermés, suscitant des craintes profondes parmi les soignants quant à la qualité de la prise en charge des patients en fin de vie. Alors que les équipes dénoncent une situation précaire, la direction se veut rassurante, affirmant maintenir l'activité malgré les difficultés.
Une unité sous tension depuis des mois
Les visages sont tirés et les épaules lourdes au sein de l'unité de soins palliatifs de l'hôpital d'Antibes. Moins visible que dans d'autres services en crise, la tension y est pourtant bien réelle. Depuis plusieurs semaines, une partie des lits est fermée, et les soignants redoutent une issue plus brutale. « Pour le moment on tient, mais jusqu'à quand ? », confie anonymement un membre du personnel, illustrant l'épuisement grandissant.
Dans ce service dédié à l'accompagnement des patients en fin de vie, ils ne sont plus que deux à trois médecins pour assurer la continuité des soins, et l'un d'eux s'apprête à partir. La situation n'est pas nouvelle : déjà l'été dernier, l'unité avait été partiellement fermée faute d'effectifs suffisants. « On n'arrive pas à recruter. C'est un problème national, mais ici, on en voit les conséquences directes », explique le soignant.
Des patients et des familles en souffrance
Concrètement, cette pénurie a des répercussions graves. Certains patients ne peuvent plus être admis dans l'unité, tandis que d'autres restent hospitalisés dans des services classiques, sans bénéficier de l'accompagnement spécifique des soins palliatifs. « Ce n'est pas la même prise en charge, notamment pour la douleur ou le suivi global », insiste le soignant. Derrière ces ajustements, des familles se retrouvent sans solution adaptée, l'unité d'Antibes couvrant un large bassin de population de Saint-Laurent-du-Var à Théoule-sur-Mer.
« Quand on ne peut pas prendre un patient ici, il n'y a pas forcément d'alternative immédiate », souligne-t-il. Une situation d'autant plus difficile que les moyens matériels et humains existent en partie. « On a les lits, on a du personnel formé. Ce qui manque, ce sont des médecins. » Aujourd'hui, l'équilibre est précaire : « Il suffit d'un arrêt maladie ou d'un burn-out pour que tout s'arrête », résume-t-il, une crainte partagée en interne.
La direction tente de rassurer
Contactée, la direction du centre hospitalier assure que l'unité n'est pas fermée. « Nous avons effectivement réduit le nombre de lits ouverts, en raison d'une fragilisation des effectifs médicaux », confirme le directeur Bastien Ripert. Pour maintenir l'activité, l'établissement a adapté son organisation avec des remplacements ponctuels, une mobilisation interne et des recherches actives de médecins.
« Nous faisons le maximum pour assurer la continuité des soins et nous sommes confiants quant à une amélioration de la situation dans des délais raisonnables », poursuit-il. Cependant, cette ligne rassurante peine à dissiper les inquiétudes sur le terrain, d'autant que les difficultés de recrutement s'inscrivent dans une tendance de fond nationale.
Un avenir incertain pour les soins palliatifs
En attendant, les équipes continuent de faire face avec les moyens du bord, espérant ne pas avoir à aller plus loin dans les restrictions. Cette crise met en lumière les défis structurels des soins palliatifs en France, où la pénurie de médecins aggrave les conditions de travail et menace la qualité des soins pour les patients les plus vulnérables.
Les récentes fermetures de lits à Antibes soulèvent des questions cruciales sur la capacité du système de santé à répondre aux besoins croissants en soins palliatifs, dans un contexte de vieillissement de la population et de tensions persistantes sur les ressources humaines.



