Il n'existe à ce jour aucun traitement spécifique contre l'hantavirus. Depuis trente ans, les médecins ont néanmoins appris à mieux faire face aux symptômes et aux complications. Parmi les cinq passagers du « MV Hondius » rapatriés en France dimanche soir et hospitalisés par précaution à l'hôpital Bichat (AP-HP) à Paris, une femme a été testée positive à l'hantavirus andin après que son état s'est très brusquement dégradé pendant son voyage retour. Si à peine quelques centaines de cas à travers le monde de cette maladie ont été décrites dans la littérature scientifique, ce phénomène d'aggravation subite est loin d'être exceptionnel.
Une phase initiale trompeuse
« On sait que cela commence par une phase de symptômes avant-coureurs assez peu spécifiques, en gros qui ressemblent à un syndrome pseudo-grippal avec un peu de fièvre, éclaire Anne-Claude Crémieux, professeure en maladies infectieuses et membre du collège de la Haute Autorité de santé (HAS). Puis la dégradation, quand elle a lieu car ce n'est pas systématique, arrive dans les deux à sept jours et peut être extrêmement brutale jusqu'à conduire les patients en réanimation. »
Prise en charge symptomatique
Les médecins utilisent des médicaments agissant sur le cœur pour stabiliser les patients, ainsi que des traitements de soutien comme l'oxygénothérapie ou la ventilation mécanique. L'objectif est de maintenir les fonctions vitales pendant que le système immunitaire combat le virus. « Il faut vraiment se battre contre chaque complication », explique un réanimateur.
Cette approche a permis de réduire la mortalité, qui reste néanmoins élevée, autour de 30 à 50 % selon les formes. La recherche se poursuit pour développer un traitement antiviral spécifique, mais les essais cliniques sont rares en raison du faible nombre de cas.



