Sidaction alerte sur le risque de reprise de l'épidémie de sida face aux coupes budgétaires
Sidaction alerte sur le risque de reprise de l'épidémie de sida

Sidaction sonne l'alarme face à la menace d'une reprise de l'épidémie de sida

Confrontée à une baisse inquiétante des financements et à la montée des idées reçues, l'association Sidaction mobilise intensément ses partenaires pour empêcher une reprise de l'épidémie de sida. L'organisation caritative bat le rappel pour la lutte contre le VIH, qu'elle décrit comme « prise en étau » entre des coupes budgétaires drastiques et des attaques croissantes contre les droits des populations vulnérables.

Un contexte budgétaire et social préoccupant

Florence Thune, directrice générale de Sidaction, explique la situation critique : « Depuis 2025 et l'arrêt des aides des États-Unis de Donald Trump, la lutte contre le VIH est prise en étau. D'un côté, de multiples baisses de financements, y compris par la France. De l'autre, une montée de mouvements réactionnaires qui s'attaquent aux droits des femmes, des personnes LGBT+, des migrants. »

Cette double pression menace directement les actions de prévention, de dépistage et d'accès aux soins, créant le risque d'« une catastrophe annoncée : une reprise de l'épidémie de sida ». L'alerte est lancée à l'occasion de la 32e édition de l'événement caritatif organisé par l'association et soutenu par une trentaine de télévisions et radios.

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Les dons : un soutien vital pour la recherche et l'accompagnement

Si vivre avec le VIH est désormais possible grâce aux traitements, la guérison complète avec élimination totale du virus reste inaccessible. Les dons au Sidaction, réalisables par téléphone (110), SMS (92110) ou internet, financent des recherches médicales, des soins et des programmes d'aide aux personnes vivant avec le VIH, en France comme à l'étranger, notamment en Afrique.

L'édition 2025 a totalisé 3 900 000 euros de promesses de dons, dépassant légèrement le montant de l'année précédente. Dans ce « violent contexte budgétaire », l'association souligne avoir maintenu, voire légèrement augmenté, son soutien aux acteurs de la lutte contre le VIH ces trois dernières années. En 2025, elle a même mis en place un fonds d'urgence pour les structures les plus touchées par les coupes américaines.

Des progrès thérapeutiques mais des défis persistants

Françoise Barré-Sinoussi, présidente de Sidaction, codécouvreuse du virus du sida et prix Nobel de médecine 2008, insiste sur le « soutien vital » des donateurs : « Notre combat, c'est l'amour. Ce fil est ténu, mais il ne rompra pas. »

Malgré les avancées majeures permises par les traitements antirétroviraux et les outils de prévention innovants comme la prophylaxie pré-exposition (PrEP), près de 41 millions de personnes vivent encore avec le VIH dans le monde, dont un quart environ sans traitement. Chaque année, près de 600 000 personnes meurent des suites du sida.

La situation française : des chiffres préoccupants

En France, environ 180 000 personnes vivent avec le VIH et le nombre de nouvelles découvertes de séropositivité stagne autour de 5 000, dont environ un tiers chez des femmes. Plusieurs tendances inquiètent les spécialistes :

  • Une augmentation des découvertes de séropositivité chez les 15-24 ans depuis une dizaine d'années
  • Un moindre usage du préservatif chez les jeunes
  • Un recours insuffisant à la PrEP
  • Des risques de contamination accrus par le « chemsex »

Florence Thune déplore : « On a beau avoir certains progrès thérapeutiques, encore faut-il favoriser l'information, le dépistage, l'accès aux soins sur le terrain. Or la baisse des financements publics en France fragilise de nombreuses associations soutenues par Sidaction : elles doivent arrêter des projets, licencier. »

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Méconnaissance et idées fausses : un combat permanent

La persistance de la méconnaissance et des idées fausses sur le VIH constitue un autre écueil majeur. Ces fausses informations sont parfois ravivées par des contenus masculinistes sur les réseaux sociaux. Un sondage OpinionWay pour Sidaction révèle que trois jeunes sur quatre pensent à tort que le virus peut être transmis lors d'un rapport sexuel non protégé avec une personne séropositive sous traitement.

« Il faut marteler les messages de prévention et combattre la sérophobie », souligne Florence Thune, désolée que « malgré les décennies qui passent, la contamination reste ressentie comme un stigmate ».

La recherche scientifique : un pilier essentiel menacé

Face à « un virus qui nous tient tête depuis plus de quarante ans », Sidaction en appelle à la générosité pour soutenir les scientifiques, également impactés par la chute des financements. Les chercheurs poursuivent plusieurs objectifs cruciaux :

  1. Développer un vaccin contre le VIH
  2. Permettre une rémission persistante des porteurs du virus
  3. Alléger la charge des traitements pour les patients

Une avancée récente en France : l'arrivée d'un traitement injectable à longue durée d'action, moins contraignant que la PrEP en comprimés et très attendu par la communauté médicale et les patients.