Condamné le 8 mai 2026 par le tribunal correctionnel de Mende à six ans de prison ferme pour violences volontaires ayant entraîné une mutilation, escroquerie et blanchiment, l'ancien dentiste de Badaroux, José Pereira Mendes, continue de susciter de vives réactions. Dans un courriel adressé à Midi Libre, la Caisse commune de sécurité sociale (CCSS) de Lozère a tenu à apporter des précisions après certains propos entendus au procès, où des avocats de parties civiles avaient estimé que les organismes de contrôle n'avaient pas joué leur rôle.
Une plainte déposée avant la mise en examen
La CCSS rappelle avoir reçu, entre mars et juillet 2020, trois signalements de patients concernant des facturations abusives. Ces alertes ont conduit l'organisme à lancer des investigations, d'abord sur les anomalies de facturation, puis sur les pratiques médicales du dentiste. Le 12 août 2020, le chirurgien-dentiste conseil de l'Assurance maladie est saisi. Une analyse d'activité est ouverte quelques jours plus tard et 61 patients sont convoqués pour examen.
Toute accusation contre un professionnel de santé doit s'appuyer sur des faits et sur une analyse médicale, souligne la CCSS, qui rappelle que certains spécialistes présentent des niveaux d'activité atypiques mais justifiés. L'organisme insiste également sur le fait que la patientèle du cabinet dépassait largement la seule commune de Badaroux, située à proximité de Mende.
Une plainte déposée dès décembre 2020
Sur la base du rapport médical établi, la CCSS affirme avoir déposé plainte auprès du procureur de la République dès le 24 décembre 2020, soit avant la mise en examen et l'arrestation du praticien, intervenues en janvier 2021. Cette chronologie contredit les critiques formulées lors du procès, selon lesquelles les organismes de contrôle auraient tardé à agir.
L'ancien dentiste, qui a fait appel de sa condamnation, avait arraché des dents saines à des dizaines de patients dans le but de s'enrichir, posant plus de 500 implants en deux ans dans un village de seulement 500 habitants. Il est interdit d'exercer à vie.



