Santé mentale étudiante à Béziers : le mal-être psychologique domine les consultations
Le service universitaire de médecine préventive et promotion de la santé (SUMPPS) du centre Du-Guesclin, antenne de l'université de Montpellier Paul-Valéry à Béziers, a dévoilé son bilan d'activité pour l'année 2024-2025. Les résultats mettent en lumière une préoccupation majeure : la santé psychologique des étudiants biterrois.
Une augmentation alarmante des consultations pour mal-être
Sur les 1 000 consultations enregistrées entre septembre et début avril, un chiffre frappant ressort : 45% concernent des problèmes de mal-être psychologique. Cette proportion a significativement augmenté par rapport à l'année précédente où elle s'établissait à 27%. Les autres motifs de consultation se répartissent ainsi : 30% pour suivi infirmier, 15% pour douleurs diverses, 8% pour soins techniques, et 2% pour questions de contraception et interruption volontaire de grossesse.
Éléonore Desiage, infirmière au SUMPPS, relativise cependant cette donnée : "Ils ne vont pas plus mal que ceux d'ailleurs, en France. Leurs problématiques de mal-être sont dues notamment à la crainte de l'avenir, associée à un contexte géopolitique et ses guerres anxiogènes."
La précarité, facteur aggravant à Béziers
La spécificité du campus biterrois explique en partie ces chiffres préoccupants. 60% des étudiants de Du-Guesclin sont boursiers, souvent en situation de précarité économique. L'infirmière précise : "Ils sont anxieux et cherchent le plus souvent un petit job pour les aider dans leur quotidien... D'où le taux de 45%. Sachant qu'une année ne ressemble jamais à l'autre."
Face à cette réalité, les permanences d'une assistante sociale venant de Montpellier une fois tous les trois mois ne suffisent plus. L'équipe du SUMPPS plaide pour la création d'un poste d'assistante sociale fixe et à temps plein sur le campus.
Renforcement des moyens et actions de solidarité
Pour mieux répondre à ces enjeux de santé mentale, la présence de la psychologue Marion Franquès a été doublée, passant de 20 à 40 heures annuelles. Cette augmentation a permis une meilleure prise en charge et suscité un vif intérêt des étudiants, qui consultent désormais plus facilement. Face à la demande croissante, l'équipe estime nécessaire d'élargir cette offre à 60 heures.
Parallèlement aux soins, le SUMPPS a développé des actions concrètes contre la précarité étudiante :
- Création d'un espace solidaire dans la cafétéria avec dressing en accès libre et coin épicerie
- Distribution d'une tonne de nourriture cette année grâce à des dons de la Banque alimentaire
- Partenariat avec l'Ordre de Malte pour des distributions mensuelles de paniers repas
Un service jeune mais essentiel
Créé seulement en septembre 2022, le SUMPPS de Béziers s'est progressivement structuré. Depuis septembre 2024, une médecin, Marie-Thérèse Pull, a rejoint l'équipe composée de l'infirmière Éléonore Desiage, de la psychologue Marion Franquès et de la secrétaire Lydie Brandon-Terral. Leurs missions s'articulent autour de quatre axes : soigner, écouter, prévenir et informer.
Au-delà de la santé mentale et de la lutte contre la précarité, le service accompagne également les étudiants en situation de handicap, avec des aménagements spécifiques comme la mise à disposition d'ordinateurs adaptés ou l'octroi de tiers-temps supplémentaires.
Le bilan du SUMPPS révèle ainsi les multiples facettes des difficultés rencontrées par les étudiants biterrois, où santé psychologique et précarité économique sont étroitement liées, nécessitant une réponse globale et renforcée de la part des institutions universitaires.



