Dans un rapport publié le 8 juillet 2025, Santé publique France dresse un état des lieux contrasté de la santé des nouveau-nés et de leurs mères. Si des progrès notables ont été accomplis, notamment en matière de dépistage néonatal et de réduction de la mortalité maternelle, des défis majeurs persistent, en particulier concernant la prématurité et les inégalités sociales de santé.
Une baisse de la mortalité infantime mais une prématurité stable
Le rapport indique que la mortalité infantile a diminué de 15 % entre 2010 et 2023, passant de 4,1 à 3,5 décès pour 1 000 naissances vivantes. Cependant, ce taux reste supérieur à la moyenne européenne (3,2 pour 1 000). Par ailleurs, la prématurité (naissance avant 37 semaines) concerne toujours 7,4 % des naissances, un chiffre stable depuis 2010. Les naissances très prématurées (avant 32 semaines) représentent 1,2 % des naissances, sans amélioration notable.
Selon le Dr. Élisabeth Bouvet, directrice générale de Santé publique France, « si les progrès sont réels, ils ne bénéficient pas à toutes les femmes de manière égale. Les inégalités sociales restent un déterminant majeur de la santé périnatale. »
Des inégalités sociales marquées
Le rapport souligne que les femmes vivant dans des conditions socio-économiques défavorisées présentent un risque accru de complications pendant la grossesse et l'accouchement. Par exemple, le taux de prématurité est de 9,2 % chez les femmes sans emploi, contre 6,1 % chez les cadres supérieurs. De même, la mortalité infantile est deux fois plus élevée dans les départements les plus pauvres que dans les plus riches.
Les disparités territoriales sont également importantes : les régions d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, La Réunion) affichent des indicateurs moins favorables, avec un taux de mortalité infantile de 6,2 pour 1 000 en Guyane, contre 3,1 en Île-de-France.
Amélioration de la santé maternelle
Côté santé maternelle, le rapport note une diminution de la mortalité maternelle, passée de 8,8 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2010 à 6,5 en 2023. Les hémorragies du post-partum, première cause de mortalité maternelle, ont également diminué grâce à une meilleure prise en charge. Cependant, la morbidité maternelle sévère (complications graves) reste élevée, concernant 1,3 % des accouchements.
Santé publique France insiste sur la nécessité de renforcer la prévention et l'accès aux soins pour les femmes en situation de vulnérabilité. Le rapport préconise notamment d'améliorer le suivi de grossesse pour les femmes précaires, de développer des programmes de soutien à la parentalité et de lutter contre les inégalités territoriales.
Des défis pour l'avenir
Parmi les autres défis identifiés figurent la hausse des naissances par césarienne (21 % des accouchements en 2023, contre 18 % en 2010) et la persistance de la consommation de tabac pendant la grossesse (12 % des femmes enceintes fument encore, avec des disparités régionales).
Le rapport conclut que des efforts supplémentaires sont nécessaires pour atteindre les objectifs de réduction de la mortalité infantile et maternelle fixés par l'Organisation mondiale de la santé. Il appelle à une mobilisation nationale et locale pour garantir une santé périnatale équitable pour toutes les mères et tous les nouveau-nés.



