Le salaire moyen des enseignants en 2024 s'élève à 3.090 euros nets par mois, soit 3.830 euros bruts, selon une note d'information du service statistique du ministère de l'Education nationale publiée ce jeudi 20 août. Ce chiffre, relayé par plusieurs médias dont 20 Minutes via une dépêche de l'AFP, a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, notamment de la part de professeurs.
Des internautes sceptiques face à la moyenne
Sur les réseaux sociaux, de nombreux enseignants ont exprimé leur incompréhension. « Mais pourquoi suis-je si loin de cette moyenne ? », s'interroge un internaute dans une vidéo TikTok. « Des chiffres grossièrement manipulés », dénonce un autre sous une publication de France Info. « Mensonge », écrit un troisième, ajoutant : « encore du grain à moudre pour alimenter le prof bashing ».
Pour comprendre comment le service statistique du ministère est arrivé à ce chiffre, il faut examiner la note d'information de plus près. Celle-ci révèle plusieurs biais méthodologiques.
Une profession vieillissante qui tire la moyenne vers le haut
Premier biais : la moyenne de 3.090 euros nets par mois prend en compte tous les professeurs sans distinction d'ancienneté. Or, dans un même niveau d'enseignement, un enseignant en fin de carrière, ayant gravi tous les échelons, touche un salaire plus élevé qu'un jeune professeur sortant de concours.
La pyramide des âges des enseignants, visible dans un autre document du service statistique, montre que la profession est vieillissante. La moyenne d'âge des enseignants est passée de 41,4 ans en 2003 à 45,2 ans à la rentrée 2024, selon les archives du ministère. Ce vieillissement contribue mécaniquement à faire grimper le salaire moyen.
Des niveaux d'enseignement aux salaires très différents
Deuxième biais : la moyenne englobe tous les niveaux d'enseignement, des professeurs des écoles aux professeurs agrégés et de chaire supérieure. Un tableau de la note d'information fait apparaître les écarts : les professeurs des écoles, qui représentent 47,6 % du total, gagnaient en moyenne 2.850 euros en 2024, tandis que les professeurs agrégés et de chaire supérieure, soit 7 % du total, touchaient 4.080 euros en moyenne.
Par ailleurs, l'étude exclut les contractuels, qui représentent 8 % des enseignants. Selon le Syndicat national des enseignements de second degré (SNES FSU), ces personnels sont « parmi les plus précaires dans l'Education nationale ».
Les primes, un troisième facteur
Troisième biais : la moyenne intègre différentes primes, notamment les rémunérations supplémentaires versées dans le cadre du Pacte enseignant. Selon la note d'information, les primes et indemnités représentent près d'un cinquième (18,4 %) du salaire moyen brut des enseignants.
Le document précise que ces primes constituent l'une des raisons des évolutions de salaire, avec les changements de corps, de grade ou d'échelon, ainsi que le rythme de travail (temps partiel ou non). Ces éléments expliquent en partie l'écart entre la moyenne affichée et les salaires perçus par de nombreux enseignants en début de carrière.



