La rougeole fait un retour inquiétant aux États-Unis depuis 2025
Depuis 2025, les États-Unis font face à une résurgence alarmante de la rougeole. L'épidémie a pris une telle ampleur que le pays risque désormais de perdre son précieux statut d'exemption de la maladie, un signal incontestable de la gravité de la situation sanitaire.
Une propagation rapide et inquiétante
Un an plus tôt, une petite ville du Texas signalait le premier cluster du pays. "On a le sentiment que cela va devenir de plus en plus courant", avait déclaré à l'époque un expert en maladies infectieuses au New York Times. Le temps lui a malheureusement donné raison.
Au 1er janvier 2026, plus de 2 200 cas de rougeole ont été signalés dans 45 États américains, une première depuis vingt ans. La maladie ne montre aucun signe de ralentissement, avec des foyers qui continuent d'apparaître au-delà des frontières texanes.
La Caroline du Sud est désormais l'État le plus affecté, avec plus de 800 cas déclarés depuis 2025 selon les chiffres du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC).
L'appel urgent à la vaccination
Face à cette situation critique, le docteur Mehmet Oz, patron des "Centers for Medicare and Medicaid Services" - l'équivalent de la sécurité sociale américaine - a lancé un appel pressant à la population. "Faites-vous vacciner, s'il vous plaît !" a-t-il plaidé sur le plateau de CNN ce dimanche 8 février, ajoutant : "nous avons une solution à nos problèmes".
Le docteur Oz assure que "il n'y aura jamais d'obstacle à l'accès des Américains au vaccin contre la rougeole", rappelant que cette injection "fait partie du calendrier de base".
Un ministre de la Santé antivax au cœur de la controverse
Pourtant, la situation est compliquée par la présence de Robert Kennedy Jr à la tête du ministère américain de la Santé. Ouvertement antivaccin, l'héritier Kennedy propage depuis des décennies quantité de désinformation sur le sujet.
Il a notamment diffusé la fausse théorie, scientifiquement démentie, selon laquelle le vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) serait responsable de cas d'autisme. En 2011, le ministre avait fondé Children's Health Defense (Défense de la santé des enfants), un mastodonte de la désinformation responsable de 54 % du contenu publicitaire antivax sur Facebook en 2020.
Malgré l'explosion des cas de rougeole, l'administration républicaine a retiré certaines recommandations du calendrier vaccinal pour les enfants en janvier 2026. Interrogé, le ministère de la Santé s'est dédouané, assurant que la demande venait directement du bureau Ovale.
Des conséquences sanitaires dramatiques
Les experts ne doutent plus que la propagation de la maladie, qui affecte majoritairement les enfants, est en partie causée par la méfiance du public à l'égard des vaccins. Depuis 2025, plus de 150 nourrissons ont dû être hospitalisés, la majorité n'étant pas vaccinée. Deux d'entre eux et un adulte ont été emportés par la maladie, du jamais vu depuis 2015.
Le statut d'exemption en jeu
Cette évolution de la rougeole, avec des "chaînes de transmission continues sur 12 mois", inquiète profondément les scientifiques. Pour l'instant, ces derniers ne sont pas parvenus à déterminer si les cas de rougeole observés à travers le pays étaient connectés.
Ce détail a toute son importance : c'est en partie grâce à ces conclusions que les scientifiques de l'Organisation panaméricaine de la Santé (branche de l'OMS) décideront de retirer, ou non, son statut d'exempt de la rougeole à Washington. La date butoir pour présenter ces données a été fixée au 13 avril.
Des appels à la destitution du ministre
Cette gestion de la crise sanitaire pourrait finir par causer du tort à Robert Kennedy Jr. "Avec la flambée des cas de rougeole à l'échelle nationale, alimentée par le flux continu de théories du complot de Robert Kennedy Jr, il est temps pour le Congrès de mettre la politique de côté et de destituer le secrétaire Kennedy de ses fonctions et restaurer la confiance des Américains dans notre système de santé publique", a déclaré au Guardian Haley Stevens, une élue démocrate du Michigan.
La situation reste donc extrêmement préoccupante alors que les États-Unis font face à leur plus grave épidémie de rougeole depuis deux décennies, avec des conséquences potentielles à long terme sur la santé publique et le statut international du pays en matière de lutte contre les maladies infectieuses.



