La réhabilitation psychosociale, une voie vers l'insertion professionnelle
Cet article, rédigé en FALC (Facile à Lire et à Comprendre), vise à rendre l'information accessible à tous, notamment aux personnes rencontrant des difficultés de compréhension à l'écrit ou aux enfants. Développé par Inclusion Europe, le FALC est identifié par un logo officiel et disponible dans une rubrique dédiée.
Le parcours inspirant de Florian Aubry
Florian Aubry, âgé de 33 ans, souffre de schizophrénie avec des troubles de l'humeur. Il affirme : « Travailler et vivre avec des troubles psychiques, c'est possible avec le bon accompagnement ! » Après avoir été suivi pendant quatre ans dans un hôpital psychiatrique, il est aujourd'hui médiateur de santé pair, utilisant son expérience personnelle au sein d'une équipe de professionnels de santé mentale.
À 21 ans, alors qu'il étudiait à Paris, Florian a découvert son grand-père mort par suicide, ce qui a déclenché une dépression. Il s'est isolé et a consommé de la drogue et de l'alcool. À 28 ans, hospitalisé, il a exprimé sa volonté de s'en sortir et de trouver un travail. Son médecin lui a alors proposé la réhabilitation psychosociale.
La psychiatre Marie-Cécile Bralet explique : « La réhabilitation psychosociale et la remédiation cognitive existent depuis 1970. Cela permet le rétablissement des personnes avec des troubles psychiques. On les accompagne vers le monde du travail, pas vers un ESAT ou une Entreprise Adaptée. »
Un programme adapté pour réapprendre les compétences sociales
Florian Aubry a suivi un programme personnalisé visant à :
- Renforcer sa mémoire et son attention
- Reconnaître ses émotions
- Réapprendre à parler avec les autres
- Comprendre sa maladie
- Reprendre confiance en soi
Pendant plusieurs mois, il a participé à des jeux, des exercices sur ordinateur, des ateliers en groupe, de la sophrologie et des discussions avec une médiatrice de santé pair. C'est lors de ces échanges qu'il a décidé de devenir lui-même médiateur. Il déclare : « Sans ce parcours, je n'aurais pas pu réussir à vivre. »
D'autres bénéficiaires de la réhabilitation psychosociale sont devenus conseiller en insertion professionnelle, assistante de vie scolaire, agent de sécurité, développeur informatique ou autoentrepreneur.
Des succès qui inspirent et des défis à relever
Marie-Cécile Bralet insiste : « Les centres de réhabilitation psychosociale doivent ouvrir dans toute la France. Il faut que cela soit accessible à tout le monde. » Nicolas Franck, chef du pôle de réhabilitation psychosociale à l'hôpital Le Vinatier à Lyon, ajoute : « Des études montrent que cette approche est cruciale pour retrouver un travail. »
Marisa Da Silva, 37 ans, a subi un accident de la route ayant entraîné des troubles psychiques. Après un an et demi sans travailler, elle est devenue agent d'accueil dans une mairie en février 2025, accompagnée par un job coach. Elle confie : « J'ai repris confiance en moi et découvert un intérêt pour le travail administratif. »
Emilie Arlhac, 34 ans, souffre de troubles psychiques depuis l'âge adulte. Hospitalisée plusieurs mois, elle a appris à valoriser ses compétences en informatique et ses capacités d'accueil. Elle travaille maintenant comme assistante administrative depuis deux ans.
Un combat pour changer les mentalités
Karen Feuillerat, coordinatrice job coach, souligne : « Le but est d'accompagner la personne dans le milieu professionnel grâce aux soins et à la formation. » Le psychiatre Nicolas Rainteau affirme : « La réhabilitation psychosociale est un combat. Les soignants doivent arrêter d'associer les troubles psychiques à l'incapacité. Tout est possible avec le bon accompagnement. »
Franck Bellivier, délégué ministériel à la santé mentale, appelle à rendre cette pratique plus accessible et à faire évoluer les pratiques médicales. Nicolas Franck critique : « La politique de santé actuelle préfère protéger et enfermer les personnes en difficulté. Nous voulons leur faire confiance pour qu'elles vivent comme elles le souhaitent. »
Les réussites de Florian, Marisa et Emilie montrent l'impact positif de cette approche. Cet article a été écrit lors de la conférence « Santé mentale et fonction publique : rester acteur de sa carrière », organisée avec le Fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique, pendant la Semaine européenne pour l'emploi des personnes handicapées.
Transcrit par l'atelier FALC Osez Lire de l'APEI de Périgueux, en partenariat avec Cortex Média TV.



