France Addictions mobilisée pour la prévention des IST auprès des jeunes lozériens
Dans le cadre de la semaine de prévention de la santé sexuelle, l'association France Addictions a déployé un stand d'information et de sensibilisation au sein de la Mission locale de Mende. Cette initiative intervient à un moment crucial où les infections sexuellement transmissibles connaissent une recrudescence préoccupante, particulièrement chez les jeunes adultes.
Un espace de dialogue et d'information essentiel
Installé dans le hall de la Mission locale mardi 27 mai 2025, le stand a accueilli de nombreux adolescents et jeunes adultes curieux ou préoccupés par ces questions de santé publique. Lauryane Laurent et Marine Panaiotis, chargées de prévention pour France Addictions, ont animé les échanges tout au long de la journée, distribuant préservatifs, éthylotests et guides d'information sur divers sujets liés à la santé sexuelle et aux comportements à risque.
"Il m'est arrivé de choper un truc, mais bon, j'ai pris des antibiotiques et c'est passé", confie un jeune homme de 23 ans avec un haussement d'épaules, illustrant le besoin criant d'information et de sensibilisation sur ces questions médicales sérieuses.
Des tests de dépistage gratuits et confidentiels
Dans une salle isolée, Émeline Da Silva, infirmière addictologue, a réalisé des tests gratuits de dépistage du Sida, de l'hépatite B et de l'hépatite C. La procédure, simple et rapide, consiste en une petite piqûre au bout du doigt avec des résultats disponibles après une vingtaine de minutes seulement.
"Certains me disent qu'il existe des traitements donc que ce n'est pas très grave", constate l'infirmière. "Je leur explique qu'ils peuvent s'amuser, mais qu'il faut garder en tête le risque de s'exposer si l'on ne se protège pas." En cas de résultat positif, une prise en charge médicale immédiate en milieu hospitalier est systématiquement mise en place.
Un fossé informationnel préoccupant
Les échanges avec les jeunes révèlent des disparités importantes dans l'accès à l'information. "Il y a des jeunes qui viennent, qui sont très bien informés, et puis d'autres dont les parents ne font pas de prévention, ou qui s'informent via les réseaux sociaux", observe Émeline Da Silva. La consommation de pornographie apparaît également comme un thème récurrent lors des entretiens individuels.
Une jeune femme de 19 ans vient ainsi chercher des conseils sur sa dépendance à la nicotine, tandis qu'un autre participant échange librement pendant un bon quart d'heure avec les chargées de prévention, semblant parfaitement au clair avec la notion de consentement mais moins informé sur les protections lors des rapports sexuels.
La recrudescence alarmante des infections sexuellement transmissibles
Cette action de prévention prend tout son sens dans un contexte épidémiologique préoccupant. Les infections sexuellement transmissibles sont en nette augmentation, avec une progression particulièrement marquée de la syphilis en Europe. Une étude récente de l'Organisation mondiale de la santé, menée auprès de 240 000 jeunes dans différents pays, dresse un bilan alarmant.
Les chiffres révèlent que 30% des garçons et 36% des filles interrogés, âgés de seulement 15 ans, déclarent ne pas s'être protégés lors de leur dernier rapport sexuel. Ce phénomène est souvent amplifié par la consommation d'alcool et de produits stupéfiants, des facteurs de risque étroitement imbriqués qui nécessitent une approche préventive globale.
En onze années de carrière, Émeline Da Silva a certes croisé très peu de tests positifs lors de ces actions de dépistage, mais des cas ont déjà été identifiés, confirmant l'importance cruciale de ces initiatives de terrain. Ces moments d'échange direct avec les jeunes rappellent que la sexualité doit faire l'objet d'une éducation continue en matière de prévention et d'information, particulièrement dans un département rural comme la Lozère où l'accès aux services de santé peut parfois présenter des difficultés.



