Le poids de forme : un concept subjectif au-delà des chiffres et des formules
Poids de forme : au-delà des chiffres, une réalité subjective

Le poids de forme : une notion évanescente au-delà des simples chiffres

Déterminer si l'on est en forme ne se résume pas à la taille et au poids, ni à des formules toutes faites. Ces indicateurs peuvent parfois servir de boussole, mais ils désorientent tout autant. Le poids de forme, comment le calculer réellement ? « C'est un concept évanescent », relativise le docteur Christian Daulouède, spécialisé en médecine physique et du sport. « C'est forcément subjectif et propre à chacun », insiste-t-il.

Des besoins spécifiques selon les activités

Le médecin illustre cette diversité : « Un cycliste de haut niveau aura besoin d'être léger pour monter les cols, quand un pilier de rugby devra peser lourd dans la mêlée ». Pourtant, la société exige des chiffres, même s'ils ne servent pas à grand-chose. Daulouède s'élève contre les diktats de la mode et de certains confrères qui poussent leurs patients à « absolument maigrir ».

La stabilité plutôt que le yo-yo

« En tout cas, ce poids se doit d'être toujours le même, à l'équilibre. Ce qui est mauvais, c'est le yo-yo », affirme le spécialiste. Face aux formules populaires comme celle de Broca (taille en centimètres - 100), de Creff (multiplier par 0,9 le résultat du calcul : taille en cm - 100 + âge divisé par 10) ou l'indice de masse corporelle (IMC, avec une corpulence normale entre 18,5 et 25), il reste sceptique.

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Les limites des indicateurs traditionnels

« Il faut arrêter avec ces impératifs ! », lance Christian Daulouède. « Ces calculs ne représentent pas la réalité de notre corps, ils ne prennent pas en compte tout le reste ». Notamment la masse musculaire, cruciale : « Le muscle est moins volumineux que la graisse mais plus lourd de 15 % ». Ainsi, à taille égale, deux personnes peuvent avoir un poids et un tour de taille très différents.

Les facteurs clés souvent ignorés

Daulouède explique que lors d'une perte de poids, le chiffre sur la balance peut initialement augmenter car il faut d'abord prendre du muscle. « Ce n'est que dans un second temps qu'il diminue, mais attention, pas plus de 5 % en 6 mois sinon on crée un trou calorique ! ». D'autres éléments entrent en ligne de compte :

  • Le degré d'activité physique
  • L'âge
  • L'alimentation
  • Le ressenti personnel

L'acceptation de soi comme critère essentiel

« Le bon poids est avant tout le poids accepté », conclut le médecin. « Certains décrits comme rondouillards avec un IMC entre 25 et 27 le vivent très bien, et longtemps. Tout dépend de la façon dont on accepte son corps et ce qu'on en fait ». Cette perspective humaine rappelle que la santé ne se mesure pas uniquement à l'aune de formules mathématiques, mais aussi par le bien-être et l'équilibre personnel.

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