Une épidémie de méningite sans précédent frappe le Royaume-Uni
Les autorités sanitaires britanniques font état d'une situation alarmante avec une épidémie de méningite à méningocoques qualifiée de « sans précédent ». À ce jour, 29 cas ont été signalés, dont 18 confirmés et 11 encore sous investigation. Parmi les cas confirmés, une majorité concerne le méningocoque B, selon l'agence UKHSA.
Deux décès tragiques et un foyer identifié
Cette flambée épidémique a déjà provoqué deux décès : une lycéenne de 18 ans et un étudiant de 21 ans de l'université du Kent. Le ministre de la Santé Wes Streeting a indiqué que la plupart des cas sont liés à la fréquentation de la boîte de nuit Club Chemistry à Canterbury entre le 5 et le 7 mars.
La France également concernée avec un cas mortel
De l'autre côté de la Manche, une salariée de l'entreprise Orano est décédée à l'hôpital de Cherbourg. Environ 50 cas contacts potentiels ont été identifiés et recevront un traitement antibiotique préventif tout en restant confinés. Les autorités sanitaires françaises précisent qu'aucun lien n'est établi avec l'épidémie britannique.
Une saisonnalité marquée et un possible effet rebond post-Covid
Le professeur Daniel Floret, spécialiste en maladies infectieuses à l'université Claude Bernard de Lyon, explique : « Les infections à méningocoques ont une évolution cyclique, avec un pic en fin d'hiver-début du printemps, souvent après les épidémies de grippe. Le virus grippal fragilise les muqueuses, facilitant la pénétration du méningocoque. »
Les chiffres de Santé publique France confirment une tendance inquiétante : 615 cas d'infections invasives à méningocoque ont été déclarés en 2024, soit le nombre annuel le plus élevé depuis 2010. Le Pr Floret avance une hypothèse : « Nous sommes peut-être dans un effet post-Covid. Les mesures barrières strictes ont diminué la circulation des bactéries, exposant moins de personnes. »
L'émergence de souches plus virulentes
Le spécialiste souligne également le rôle des nouvelles souches : « À chaque nouvelle souche, selon sa virulence, on peut observer plus d'infections. Au Royaume-Uni, l'installation d'une nouvelle souche de méningocoque B pourrait expliquer la hausse. »
Une maladie particulièrement dangereuse pour les jeunes
La méningite à méningocoques est une infection grave du système nerveux central qui se transmet par contact étroit (partage de verres, baisers, cigarettes électroniques). Elle touche principalement :
- Les enfants de moins de 5 ans
- Les adolescents
- Les jeunes adultes (16-24 ans)
Au Royaume-Uni, les cas actuels concernent majoritairement des jeunes atteints de méningocoque B. Bien que plus rare que la forme virale, cette méningite bactérienne est beaucoup plus agressive. Sans traitement antibiotique rapide, elle est mortelle dans 100% des cas, avec une mortalité de 10 à 20% même avec traitement.
La vaccination : une arme essentielle contre la maladie
Les symptômes de la méningite incluent :
- Forte fièvre
- Maux de tête violents
- Vomissements
- Raideur de la nuque
La présence de taches hémorragiques sur la peau (purpura) constitue un signe d'urgence absolue indiquant un risque de choc septique.
En France, des mesures vaccinales importantes ont été mises en place :
- Vaccination ACWY et B obligatoire depuis le 1er janvier 2025 pour les nourrissons jusqu'à 2 ans
- Rattrapage vaccinal prévu jusqu'à 5 ans
- Vaccination ACWY recommandée pour les 11-14 ans et les 15-24 ans
- Vaccination contre le méningocoque B proposée et remboursée jusqu'à 24 ans
Le Pr Floret rappelle : « La méningite C a été quasiment éliminée grâce à la vaccination. Ce sont chez les adultes jeunes qu'il y a le plus de portage de méningocoque dans la gorge. » Face à la recrudescence des cas, la vigilance et la prévention vaccinale restent plus que jamais essentielles.



