Ozempic et perte de vue : deux retraités diabétiques victimes de la NOIAN, une plainte collective en préparation
Ozempic : deux retraités perdent la vue, plainte collective en cours

Ozempic et perte de vue : deux retraités diabétiques victimes de la NOIAN, une plainte collective en préparation

Deux retraités diabétiques, Michel et Gilles, ont subi une perte de vue fulgurante après avoir été traités par l'Ozempic, un médicament initialement destiné au diabète de type 2 mais devenu populaire pour ses vertus amaigrissantes sur les réseaux sociaux. Leur cas met en lumière une maladie grave et irréversible appelée NOIAN, désormais pointée du doigt comme un effet indésirable rare de ce traitement.

Des vies bouleversées en 48 heures

Pour Gilles Maron, 75 ans, tout a basculé en seulement 48 heures. "Je vois tout sombre, je ne peux plus conduire ni lire […] Lorsque l’on m’a fait cette annonce, je me suis mis à pleurer. J’ai dit à ma femme : je suis mort, le futur pour moi, il est noir", confie cet homme diabétique traité par Ozempic depuis 2020. Il est atteint de la NOIAN, une affection rare du nerf optique qui provoque une perte de vision indolore mais définitive.

Michel Woerly, 70 ans, décrit quant à lui une "énorme tache grise" obstruant son œil droit, survenue quelques mois seulement après avoir débuté les injections. Ces deux témoignages soulignent la rapidité et la sévérité de cette complication, qui a radicalement altéré leur quotidien.

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La NOIAN reconnue comme effet indésirable rare

Si le lien de causalité entre l'Ozempic et la NOIAN reste complexe, notamment parce que le diabète est lui-même un facteur de risque, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a tranché en juin 2025. La NOIAN est désormais listée comme un effet indésirable "très rare", pouvant toucher jusqu'à 1 patient sur 10 000. Le laboratoire Novo Nordisk a dû mettre à jour ses notices, bien que des boîtes non actualisées circulent encore en pharmacie.

Au-delà de leur handicap, Michel et Gilles dénoncent un défaut d'information et le détournement massif du produit à des fins esthétiques. "Il faut prévenir les jeunes qui l’utilisent pour maigrir sans suivi", insiste Michel, mettant en garde contre les risques d'une utilisation non médicale.

Une plainte collective pour tromperie aggravée

Une plainte collective pour "tromperie aggravée" est en préparation, menée par Me Pierre Debuisson, avocat spécialiste des actions de groupe. Gilles et Michel ont l'intention de se joindre à cette plainte. Selon Gilles Maron, "ils se sont fait énormément d’argent alors que des personnes se sont retrouvées handicapées", critiquant les pratiques commerciales entourant ce médicament.

L'Agence européenne des médicaments (EMA) recommande que les patients qui ressentent une perte soudaine de la vision ou une dégradation rapide de la vue pendant le traitement par sémaglutide (le principe actif de l'Ozempic) consultent immédiatement leur médecin. Si une NOIAN est confirmée, le traitement doit être arrêté.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) rappelle toutefois que le rapport bénéfice-risque reste favorable pour les diabétiques de type 2, à condition d'un arrêt immédiat du traitement dès les premiers signes de trouble visuel. Cette mise en garde souligne l'importance d'une surveillance médicale rigoureuse pour les patients sous Ozempic.

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