Le recours aux traitements hormonaux de la ménopause (THM) est reparti à la hausse en France depuis 2022, après une longue période de défiance consécutive à des études controversées. C'est ce que révèle une étude de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) publiée ce mercredi.
Une augmentation significative des prescriptions
Selon les données de l'ANSM, le nombre de femmes utilisant un THM a augmenté de 8% entre 2021 et 2022, puis de 5% supplémentaires en 2023. Au total, environ 1,2 million de femmes étaient sous traitement en 2023, contre 1,1 million en 2021. Cette hausse intervient après une chute vertigineuse des prescriptions dans les années 2000, suite à la publication d'études liant ces traitements à un risque accru de cancer du sein et de maladies cardiovasculaires.
Un retour de confiance progressif
"Les nouvelles données scientifiques et les recommandations actualisées ont permis de rassurer les médecins et les patientes", explique le Dr. Anne-Catherine Visier, directrice de l'évaluation des médicaments à l'ANSM, citée dans le communiqué. "Les THM restent le traitement le plus efficace pour soulager les symptômes de la ménopause, à condition de les prescrire à bon escient et pour une durée limitée."
Des disparités régionales persistantes
L'étude note toutefois des disparités régionales importantes : les prescriptions sont plus fréquentes dans l'Ouest et le Sud de la France, tandis qu'elles restent plus faibles dans le Nord et l'Est. "Ces variations pourraient s'expliquer par des différences de formation des médecins et de sensibilité des patientes", commente le Dr. Visier.
Un encadrement renforcé
L'ANSM rappelle que les THM doivent être prescrits à la dose minimale efficace et pour la durée la plus courte possible, en tenant compte des antécédents personnels et familiaux de chaque femme. "Il est essentiel de réévaluer régulièrement la balance bénéfices-risques", insiste l'agence. Les traitements sont principalement indiqués pour les bouffées de chaleur modérées à sévères et les symptômes génito-urinaires de la ménopause.
Une tendance qui devrait se confirmer
Les experts anticipent une poursuite de cette hausse dans les années à venir, portée par le vieillissement de la population féminine et une meilleure information. "Les femmes sont de plus en plus nombreuses à oser parler de leur ménopause et à chercher des solutions", note le Dr. Visier. L'ANSM prévoit de mettre à jour ses recommandations d'ici fin 2024 pour accompagner cette dynamique.



