Une mobilisation urgente pour la psychiatrie à Millau
La situation du service de psychiatrie de l’hôpital de Millau devient critique, poussant les syndicats hospitaliers à lancer un appel à la mobilisation. Un préavis de grève a été déposé et un rassemblement est prévu le 5 mars à 17 heures devant la mairie de Millau, avec pour objectif de sauver ce service essentiel.
Une crise profonde et des postes en péril
L’urgence est palpable : le seul médecin titulaire du service part prochainement à la retraite, et la direction de l’hôpital peine toujours à trouver un remplaçant. Cette pénurie met en lumière une menace plus large, avec 73 postes qui pourraient être supprimés, fragilisant davantage l’offre de soins en santé mentale dans la région.
Les tensions ont monté d’un cran lors d’une réunion le 13 février entre les représentants du personnel et Benoit Durand, directeur des centres hospitaliers de Millau et Saint-Affrique. Cette rencontre a servi de signal d’alarme, révélant l’ampleur des difficultés.
Des actions syndicales et des réponses mitigées
Une semaine après cette réunion, le personnel s’est rassemblé devant le bureau du directeur pour exiger des comptes sur les efforts de recrutement et réclamer une table ronde réunissant tous les acteurs concernés : l’ARS, les services de l’État, la direction et les syndicats. Benoit Durand a accepté cette demande.
Cependant, les espoirs ont été tempérés par les développements récents. Alors que des pancartes annonçant la manifestation du 5 mars apparaissaient sur le Mandarous, la direction a communiqué sur une réunion avec l’ARS prévue le 3 mars, obtenue par Emmanuelle Gazel, présidente du conseil de surveillance. Mais les syndicats ont rapidement déchanté : Didier Jaffre, directeur de l’ARS, ne participera pas à cette rencontre. Il sera remplacé par Thomas Rugi, son adjoint.
Un contexte politique tendu
Les syndicats, dont la CGT et Sud, ont multiplié les démarches, y compris auprès du député Jean-François Rousset, pourtant surnommé « le député de la santé ». Mais ce dernier semble garder ses distances. Contacté par Midi Libre, il a déclaré vouloir « éviter de se prononcer sur des sujets municipaux en temps de campagne ». Une position qui contraste avec sa présence active au salon de l’agriculture, où il promeut les produits aveyronnais sur ses réseaux sociaux.
Cette affaire met en lumière les défis de la santé publique en milieu rural et la difficulté à mobiliser les décideurs politiques face à une crise qui nécessite des actions concrètes et immédiates.



