Millau : les banderoles réapparaissent pour défendre la psychiatrie publique
Les banderoles de l'intersyndicale hospitalière ont fait leur retour sur le rond-point du Mandarous à Millau, jeudi 26 mars 2026. Cet affichage vise à rappeler les difficultés persistantes du service de psychiatrie de la ville, malgré des avancées partielles dans la recherche de solutions.
Une situation critique pour le service de psychiatrie
En ce début d'année 2026, le service de psychiatrie de Millau est confronté à une crise majeure. Le départ à la retraite du seul psychiatre titulaire en poste, sans successeur identifié, a soulevé de graves interrogations quant à la continuité des soins pour les patients du secteur. Les soignants, soutenus par l'intersyndicale, multiplient les actions pour éviter une délocalisation vers Sainte-Marie dans le privé ou vers Montpellier.
Une manifestation devant la mairie de Millau a rassemblé plus de 600 personnes le 5 mars dernier, témoignant d'un large soutien populaire. "Deux ans qu'on alerte, deux ans d'angoisse. Où est le pilote dans l'avion ?", déplorait une soignante lors de ce rassemblement.
Des difficultés de recrutement persistantes
Benoit Durand, directeur intérimaire de l'hôpital, a reconnu devant les soignants la pénurie de médecins et les obstacles au recrutement. "On a des médecins, mais ils n'ont pas donné suite aux entretiens", a-t-il affirmé, tout en réaffirmant sa volonté de maintenir le cinquième secteur dans le public.
Un rendez-vous avec l'ARS a eu lieu, malgré le départ de son directeur Didier Jaffre pour une promotion au cabinet du ministère de la Santé. La situation semble s'être légèrement améliorée, mais les perspectives restent incertaines. Emmanuelle Gazel, alors maire, assurait deux jours après la manifestation que "le planning de mai et juin est quasi bouclé".
Des solutions temporaires et des incertitudes
Des arrangements ont été trouvés avec le CHU de Montpellier pour éviter la fermeture du service après le 1er mai, date du départ en retraite du chef de service Jean-Dominique Gonzales. Cependant, des lacunes subsistent dans l'organisation. "Il y a des semaines qui sont comblées et des week-ends, mais il reste des trous dans la raquette", explique Corine Mora, représentante de la CGT au sein de l'intersyndicale hospitalière.
Benoit Durand confirme que des progrès sont réalisés : "On avance, on continue de boucher le calendrier. Toutes les lignes ne sont pas occupées mais on progresse." Un médecin étranger est attendu pour septembre ou octobre, mais il doit obtenir son numéro RPPS (Répertoire Partagé des Professionnels de santé) pour exercer légalement à Millau.
Une mobilisation qui se poursuit
Malgré ces avancées, l'intersyndicale maintient la pression. "On continue de maintenir la pression. Il y a encore des trous dans la raquette et ils ne sont pas tous bouchés", insiste Corine Mora. Les banderoles, endommagées par la mauvaise météo des dernières semaines, ont été replacées pour éviter que la situation ne tombe dans l'oubli.
Le directeur reconnaît les progrès accomplis tout en soulignant les incertitudes : "On a fait feu de tout bois, on a eu des touches rien n'est pour autant signé aujourd'hui. On progresse même s'il reste de grandes incertitudes." La mobilisation reste donc essentielle pour garantir l'avenir de la psychiatrie publique à Millau.



