Michel Cymes révèle son diagnostic de TDAH à 60 ans
Le célèbre médecin et animateur Michel Cymes, longtemps figure du "Magazine de la santé", vient de révéler un diagnostic personnel qui change la perspective sur son parcours. À 60 ans, il a découvert qu'il était atteint de troubles du déficit de l'attention avec hyperactivité (TDAH), une affection qui touche pourtant environ 5% de la population française.
Un diagnostic tardif pour une génération silencieuse
"Quand j'étais gamin, on disait que j'étais turbulent. On ne parlait pas du tout de TDAH à l'époque", confie Michel Cymes dans un entretien exclusif. L'animateur explique que pendant son enfance et sa jeunesse, le terme même de TDAH n'existait pas dans le vocabulaire médical courant. "On me disait de me calmer, mais pas d'aller voir un psy. Il y a vingt ans, le TDAH n'existait pas", souligne-t-il avec une pointe d'amertume.
Michel Cymes se souvient de ses bulletins scolaires où les enseignants notaient "ne pense qu'à amuser la galerie" ou "ne tient pas en place". "Je n'étais pas un très bon élève. Au bout d'une demi-heure de cours, je devais commencer à m'ennuyer, je n'écoutais plus", raconte-t-il. Ces difficultés scolaires, aujourd'hui identifiées comme des symptômes classiques du TDAH, étaient alors simplement attribuées à un tempérament agité.
"Heureux comme des TDAH" : un livre pour changer les perceptions
Avec le pédopsychiatre Olivier Revol, Michel Cymes a publié en janvier "Heureux comme des TDAH" (Albin Michel, 19,90 euros), un ouvrage qui vise à dédramatiser ce trouble neurodéveloppemental. "Le titre montre que ce n'est pas un drame d'être TDAH", explique l'animateur.
Le diagnostic est survenu de manière fortuite, lorsque le Dr Revol lui a dit : "Évidemment, tu es TDAH, je te fais passer les tests si ça t'intéresse !" Michel Cymes précise : "Le diagnostic de TDAH m'a permis de répondre à des questions que je ne me posais pas". A posteriori, de nombreux éléments de sa vie prennent un nouveau sens : son besoin de faire plusieurs choses simultanément, son impatience en réunion, son impulsivité.
Transformer le trouble en force
Contrairement à certaines idées reçues, Michel Cymes insiste sur le fait que le TDAH n'a pas été un handicap dans son parcours. "Pour moi, ça n'a pas été un handicap, mais ce n'est pas le cas de tout le monde", nuance-t-il immédiatement. Il reconnaît que le trouble peut être considéré comme un handicap nécessitant un accompagnement spécifique, particulièrement à l'école.
"Parce que je ne le savais pas, j'ai mis au point, de façon complètement inconsciente, des stratégies de contournement", explique-t-il. Ces mécanismes d'adaptation lui ont permis de devenir médecin et d'exercer une carrière médiatique réussie. "J'ai fait une force de cette impulsivité, cette hyperactivité", affirme-t-il, tout en reconnaissant que les troubles de l'attention ne sont pas toujours une force.
Un héritage familial et des enjeux actuels
Michel Cymes est parent de trois enfants également diagnostiqués TDAH, confirmant le caractère génétique de ce trouble. "Aujourd'hui, on a cette chance de pouvoir faire un diagnostic et d'avoir une prise en charge", souligne-t-il, tout en reconnaissant que de nombreux parents hésitent encore à consulter.
Il aborde également la question sensible des traitements médicamenteux comme la Ritaline : "La Ritaline, c'est en deuxième intention, une fois qu'on a fait le diagnostic, qu'on a la thérapie psy, qu'on a essayé autre chose". Le pédopsychiatre Olivier Revol, co-auteur du livre, prend lui-même occasionnellement ce médicament avant des conférences pour mieux se concentrer.
Conseils pratiques et perspectives d'avenir
Michel Cymes insiste sur plusieurs aspects importants pour les personnes TDAH :
- L'activité physique : "Le sport est une obsession pour moi. Ça calme les troubles de l'attention et l'hyperactivité"
- La connaissance de soi : "En passant des tests, ça permet peut-être de répondre à des questions que l'on se pose"
- L'acceptation : "Je suis devenu tolérant avec moi-même"
Il conclut sur une note d'espoir : "On ne guérit pas du TDAH, on compose avec. Ce n'est pas une maladie, mais on n'en guérit pas. L'important est de mieux se comprendre pour arrêter de se battre avec soi-même". Son témoignage, à la fois personnel et professionnel, ouvre une réflexion essentielle sur la manière dont notre société appréhende les différences cognitives.



