L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) étudie la possibilité d'étendre la durée de conservation des médicaments afin de lutter contre les pénuries et le gaspillage. Cette mesure, qui pourrait concerner certains traitements, vise à optimiser l'utilisation des stocks existants.
Une réponse aux pénuries et au gaspillage
La France fait face à des tensions d'approvisionnement sur de nombreux médicaments, notamment les antibiotiques et certains antalgiques. Parallèlement, une part importante des médicaments produits est jetée en raison de leur date de péremption. L'ANSM souhaite donc évaluer la possibilité de prolonger la durée d'utilisation de certains médicaments, sans compromettre leur sécurité ni leur efficacité.
Selon l'agence, cette approche permettrait de réduire le gaspillage et d'anticiper les ruptures de stock. Les laboratoires pharmaceutiques seraient invités à fournir des données supplémentaires sur la stabilité de leurs produits, afin de déterminer si une extension de la durée de conservation est possible.
Un cadre réglementaire à adapter
Actuellement, la durée de conservation des médicaments est fixée par les autorisations de mise sur le marché (AMM). Toute modification nécessiterait une mise à jour de ces autorisations, avec l'accord des laboratoires. L'ANSM précise que cette démarche s'inscrit dans une logique de santé publique et de développement durable.
Des pays comme les États-Unis ou le Royaume-Uni ont déjà mis en place des programmes similaires, avec des résultats encourageants. En France, cette mesure pourrait concerner en priorité les médicaments utilisés en cas de crise sanitaire, comme les antiviraux ou les vaccins.
Un impact économique et environnemental
Prolonger la durée de conservation des médicaments aurait un double bénéfice : réduire les coûts pour l'assurance maladie et limiter l'impact environnemental lié à l'élimination des produits périmés. Selon une estimation, près de 15 % des médicaments produits en France sont détruits chaque année, soit un gaspillage de plusieurs centaines de millions d'euros.
L'ANSM prévoit de lancer une consultation publique sur ce sujet dans les prochains mois, afin de recueillir l'avis des patients, des professionnels de santé et des industriels. Les résultats de cette consultation pourraient aboutir à une modification de la réglementation d'ici 2025.



