Un ophtalmologiste sanctionné pour ordonnances illégales via une plateforme de téléconsultation
Médecin sanctionné pour ordonnances illégales en téléconsultation

Un ophtalmologiste parisien sévèrement sanctionné pour des pratiques de téléconsultation illégales

La chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins d'Île-de-France a prononcé une interdiction d'exercer de six mois, dont trois avec sursis, contre un médecin ophtalmologiste parisien. Ce dernier a été sanctionné pour avoir délivré des ordonnances de correction visuelle sans avoir jamais examiné personnellement les patients concernés.

Des ordonnances basées sur des contrôles réalisés par des opticiens

Le Docteur G. rédigeait des prescriptions médicales pour des patients qu'il n'avait jamais rencontrés, en se fondant uniquement sur des contrôles d'acuité visuelle effectués par des opticiens dans leurs magasins. Dans sa décision du 27 février, la chambre disciplinaire a estimé que « par ses agissements, le Docteur G. a méconnu les principes de moralité, de probité et de dévouement et déconsidéré la profession ».

Le rôle controversé de la plateforme Sym Lab Group

La mise en relation entre le médecin et les opticiens s'effectuait via la plateforme internet Sym Lab Group, qui promettait aux opticiens d'obtenir un « avis médical » pour leurs clients « en moins de 24 heures ». Cette plateforme, actuellement en redressement judiciaire depuis le 13 octobre 2025, revendique sur son site plus de 2 500 opticiens utilisateurs, 15 médecins ophtalmologues partenaires et plus de 100 000 patients accompagnés.

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Sym Lab Group défendait son processus comme une application de la télé-expertise, permettant à des professionnels de santé de solliciter l'avis d'un médecin. Cependant, la chambre disciplinaire a fermement rejeté cette argumentation.

Une violation flagrante des règles de déontologie médicale

Les juges ont souligné que « le processus mis en place par la plateforme ne paraît pas de nature à assurer l'élaboration d'un diagnostic consciencieux ». Ils ont précisé qu'il ne respectait « ni les conditions de la télé-expertise, selon laquelle un professionnel de santé se borne à solliciter l'avis d'un médecin, ni celles d'une téléconsultation, qui implique que le médecin voie le patient ».

La décision ajoute que le médecin a violé l'article du code de la santé publique interdisant le « compérage » entre un médecin et un professionnel de santé. En fournissant des ordonnances, l'ophtalmologiste « participe de façon déterminante au développement » des ventes des opticiens clients de la plateforme.

Une sanction saluée par la profession

Le Docteur Vincent Dedes, président du Syndicat national des ophtalmologistes français (Snof), a commenté cette affaire sur le réseau social Linkedin en qualifiant la sanction d'« exemplaire ». Il a insisté sur le fait que « la télémédecine doit rester de la médecine et respecter le code de déontologie ».

Cette affaire met en lumière les dérives potentielles des pratiques de téléconsultation et rappelle l'importance du respect strict des règles déontologiques, même dans le cadre des nouvelles technologies médicales. La plateforme Sym Lab Group, déjà en difficulté financière, se trouve ainsi au cœur d'une controverse professionnelle majeure.

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