Maïtena Biraben : son diagnostic tardif d'autisme à 57 ans
Maïtena Biraben : autiste diagnostiquée à 57 ans

Maïtena Biraben, journaliste et productrice, a découvert qu'elle était autiste il y a un an, à 57 ans. Ce diagnostic tardif, porté par une meilleure connaissance des troubles du spectre autistique (TSA), TDAH ou troubles dys, se multiplie et réécrit des trajectoires de vie. Le Nouvel Obs a choisi de lui donner la parole.

Un choc révélateur

Elle est toujours la même : beau sourire, regard perçant, blondeur nordique, à la fois bienveillante et implacable. Mais derrière cette maîtrise apparente, les fissures se devinent. Depuis un an, Maïtena Biraben, 58 ans, sait qu'elle est autiste. « Je pensais que j'étais comme tout le monde, ou que tout le monde était comme moi, confie-t-elle. J'ai découvert que je ne pensais pas, que je ne raisonnais pas, que je ne communiquais pas comme les autres. Apprendre que je ne me connaissais pas, c'est comme faire une chute libre d'un immeuble très haut. »

Une vie revisitée

Cette révélation a fracassé ses certitudes. Sa liberté, qu'elle pensait gagnée sur sa condition de femme, n'était qu'un symptôme. « Je ne l'ai pas conquise, je suis juste sans filtre. Je n'ai aucun mérite », dit-elle. Le 2 avril, à l'occasion de la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme, elle s'est racontée sur sa chaîne numérique Mesdames, un média pour les femmes de plus de 45 ans, sans présumer des conséquences. « Et si, mesdames, je vous disais que j'étais autiste ? » a-t-elle lancé face caméra.

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Les diagnostics tardifs comme celui de Maïtena Biraben sont de plus en plus fréquents. Ils permettent de revisiter des parcours de vie, d'expliquer des difficultés longtemps incomprises. Pour elle, c'est une libération mêlée de vertige. « Je ne me connaissais pas, et maintenant je dois tout reconstruire », explique-t-elle. Son témoignage, empreint d'humilité et de force, résonne comme un appel à mieux comprendre la neuroatypie.

Cette prise de conscience a également un impact sur son travail. Productrice et animatrice, elle aborde désormais les sujets avec une nouvelle sensibilité. « Je comprends mieux pourquoi certains collègues me trouvaient brutale ou distante. Ce n'était pas de la froideur, c'était ma façon de fonctionner », ajoute-t-elle. Son histoire illustre les défis mais aussi les richesses de la neurodiversité.

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