Une bouffée d'oxygène pour le Mas d'Agenais
Depuis le lundi 16 mars, le cabinet des Médecins solidaires du Mas d'Agenais connaît une transformation majeure avec l'arrivée d'un deuxième médecin généraliste. Cette évolution représente un véritable soulagement dans un territoire qui subit de plein fouet la diminution alarmante du nombre de praticiens.
Des travaux d'agrandissement en cours
Il a fallu littéralement pousser les murs pour accueillir cette nouvelle équipe médicale. Les travaux d'agrandissement de la salle d'attente se poursuivent activement, témoignant de l'urgence de la situation. Désormais, deux généralistes consultent simultanément au sein du Centre de santé, avec deux nouveaux praticiens qui viendront assurer un relais hebdomadaire chaque lundi.
Un doublement des capacités de prise en charge
La création de cette nouvelle ligne médicale permet au cabinet de doubler ses capacités d'accueil. Concrètement, cette organisation pourra prendre en charge 1 250 patients supplémentaires en tant que médecin traitant. Sandrine Prevost, l'une des trois coordinatrices, gère avec attention le flux des appels qui a considérablement augmenté.
Un besoin criant dans le territoire
L'arrivée de ce nouveau médecin était particulièrement attendue depuis le départ à la retraite, en décembre dernier, de deux médecins dans le village voisin de Fourques-sur-Garonne. « Heureusement, je m'y suis prise avant qu'il y ait un grand afflux », témoigne Michelle Dixmier, une sexagénaire de Caumont-sur-Garonne souffrant de plusieurs affections chroniques qui devait absolument sécuriser un médecin traitant.
Près de 5 000 patients se trouvaient dans la même situation critique, submergeant le standard des Médecins solidaires sous les appels. Aujourd'hui, « c'est beaucoup plus fluide », constate Sandrine Prevost, qui tente de conserver huit créneaux d'urgence par médecin.
Un agenda qui se remplit rapidement
Si le téléphone sonne moins fréquemment, l'agenda des rendez-vous, bien que moins serré, s'épaissit à vitesse grand V. À la mi-mars, il ne fallait pas espérer obtenir un rendez-vous avant le 16 juin pour déclarer le cabinet comme médecin traitant. « On prend toujours des patients mais ça va vite se remplir », indique Sandrine Prevost avec réalisme.
« On va retrouver la situation de cet hiver », ajoute Quentin Adenis, coordinateur territorial. Cette inquiétude est justifiée par l'annonce de plusieurs autres praticiens du secteur qui ont déjà fait connaître leur intention de cesser leur activité. Le centre maintient cependant sa limite maximale de 2 500 patients pour garantir la qualité des soins.
Plus de souplesse dans l'exercice médical
Le Dr Jean-Loup Bouchard, médecin retraité originaire des Yvelines, a ouvert cette seconde ligne médicale lors de sa troisième mission dans le centre. « On pourrait même avoir un troisième médecin », note-t-il avec optimisme.
Les avantages du travail en binôme
Exercer à deux offre une flexibilité précieuse selon le généraliste : « Si l'un est en retard, l'autre peut prendre un patient. On peut demander un avis à son collègue ». Il illustre cette complémentarité par un exemple concret : « J'ai pu aider ma collègue à utiliser un électrocardiogramme qu'elle ne connaissait pas. Le soir, elle a passé en revue les examens biologiques quand je n'avais pas encore fini ».
Lors de sa deuxième visite au Mas-d'Agenais en décembre dernier, le Dr Bouchard a pu mesurer l'ampleur des besoins du territoire, recevant jusqu'à 28 patients par jour, dont une majorité de nouveaux patients. Un rythme moins soutenu que dans son ancien cabinet, mais qui témoigne des besoins pressants.
Une médecine différente, plus humaine
Les Médecins solidaires veillent scrupuleusement à ne pas dépasser leur capacité maximale pour préserver des plages de visites à domicile et des consultations de qualité. Les rendez-vous durent entre 20 minutes (minimum) et 40 minutes, voire plus pour une première visite.
« C'est fantastique », s'enthousiasme le Dr Bouchard. « Si je persiste avec les Médecins solidaires, c'est justement parce qu'on peut faire de la médecine différemment, comme on veut ». Cette approche plus humaine et moins contrainte par le temps représente un modèle alternatif précieux dans un contexte de désertification médicale croissante.



