« Lors du débriefing, j’ai dit à Olivier : Mais qu’est-ce qu’il s’est passé avec (cet interne) ? Il a fait un malaise… Il m’a répondu en rigolant : Tu as vu, je suis super puissant. Comme s’il était fier de provoquer cela chez les gens. » Cette scène présumée est relatée dans le dossier d’une plainte — que Nicolas Berrod, journaliste au Parisien - Aujourd’hui en France, a pu consulter — à l’encontre d’un grand professeur de médecine. Dans « Urgence Vitale », à paraître ce mercredi 20 mai chez Flammarion, notre collègue aborde les innombrables facettes de la mauvaise santé de l’hôpital public. Parmi elles, la toute-puissance des mandarins, pontes autoritaires dont la médecine se débarrasse… progressivement.
Des « patrons » en voie de disparition
Pendant des décennies, des pontes de la médecine ont régné en maîtres sur leurs services et leur patientèle, exerçant une autorité nocive dans un hôpital public aux abois. Notre collègue Nicolas Berrod consacre une partie de son livre « Urgence Vitale » à ces « patrons » en voie de disparition, signe d’une libération de la parole. « Dans certains services, le chef peut encore imposer une perception très personnelle des soins ou du management », observe Arthur Poncin, président de l'Intersyndicale nationale des internes.
Cause et conséquence de la crise hospitalière
C’est à se demander s’ils ont précédé la crise de l’hôpital public jusqu’à y participer, ou s’ils ne sont qu’un énième symptôme de la souffrance hospitalière. Peut-être sont-ils les deux, à la fois cause et conséquence, d’un système à bout de souffle ? Comme « cet ex-grand ponte au statut prestigieux de professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) » mis en cause par deux familles pour des opérations aux allures de boucherie, qui « illustre jusqu’à la caricature le malaise de l’hôpital public », selon Nicolas Berrod.



