Clan Yoda : après la personnalité du "Chat" Félix Bingui, qui sont les participants présumés du gang ?
Ce mardi 19 mai, la 7e chambre du tribunal correctionnel de Marseille a poursuivi le jugement de proches présumés du clan Yoda, puissante organisation criminelle, avant qu'elle ne rende les armes face à la DZ Mafia à l'issue d'un conflit mortel. Vingt personnes, interpellées en 2023 et entendues trois ans plus tard, sont impliquées de près ou de loin dans ce dossier. Elles doivent s'expliquer sur des faits de trafic et détention de stupéfiants, blanchiment, voire association de malfaiteurs.
Sans que leur rôle ne soit défini, les personnalités des prévenus ont été examinées. Ils sont aujourd'hui et selon leurs récits entrepreneurs, pères et mères de famille, salariés dans le domaine de la santé, gérants de supérettes, chauffeurs routiers… Beaucoup apparaissent masqués à la barre. "De quoi avez-vous peur, vous parlez avec réticence de votre vie. Vous vous sentez menacés ?", demande la présidente à l'un d'entre eux. "Non, ce sont les médias, les photos, les réseaux sociaux…", se contente-t-il de répondre.
Félix Bingui, le chef présumé
Au premier rang et attendu, Félix Bingui, supposé être le chef du clan Yoda. Derrière la vitre du box, dans lequel il est enfermé aux côtés de deux détenus et une garde policière rapprochée, ce Gardois de 36 ans a déjà pu donner les premiers indices d'un parcours parsemé de condamnations, dès la minorité. Interpellé au Maroc en mars 2024, puis extradé vers la France en janvier 2025, sa première prise de parole était attendue : son procès fit couler de l'encre avant même l'ouverture des débats. Lui, nie toute implication dans ce réseau criminel.
Les rôles présumés autour du point de deal
Les rôles présumés autour du point de deal de la Paternelle varient. L'un est soupçonné d'avoir mis à disposition "un appartement de stockage destiné au ravitaillement en journée du plan de la Paternelle", d'autres occupaient des rôles de "convoyeurs", toujours selon l'enquête. Un autre prévenu rapporte son passage à tabac en novembre 2024, dans la prison des Baumettes. "C'est dur en prison. On vous colle une étiquette", celle de "Yoda", en l'occurrence.
Le "bras droit" du patron à la barre
Puis il y a aussi "le Pirate", considéré par l'enquête comme le "bras droit" de Félix Bingui. Lui comparait libre et déroule un casier judiciaire fourni, dont l'une des affaires, relative au trafic de stupéfiants et remontant à 2010, le met en cause aux côtés de Félix Bingui. "J'avais 16 ans, j'étais mineur", justifie ce dernier. Devenu père de famille, il doit notamment s'expliquer sur des "passages" en Thaïlande et à Dubaï. Toujours selon l'enquête, trois allers et retours vers Dubaï ont été répertoriés entre 2021 et 2023, dont deux aux côtés de Bingui.
Pour cet acolyte présumé comme pour les autres, une difficulté persiste au cours de ces passages à la barre : celle de justifier des sources de revenus ou un train de vie en décalage avec les revenus déclarés, souvent mis sur le compte du travail au noir ou de paris sportifs fructueux. "Décidément, beaucoup de gens font des économies grâce aux jeux dans ce dossier", a lancé la présidente. Chacun des prévenus sera réentendu sur le fond du dossier dès ce mercredi.



