Pau : plainte pour maltraitance au centre Croix-Rouge pour enfants polyhandicapés
Maltraitance présumée au centre Croix-Rouge de Pau

Pau : un établissement Croix-Rouge pour enfants polyhandicapés sous le feu des critiques

L'établissement de soins médicaux et de réadaptation (SMR) de la Croix-Rouge, situé à Pau et connu sous le nom de Nid Béarnais, est au cœur d'une affaire préoccupante. Cet établissement spécialisé dans la prise en charge d'enfants et d'adolescents polyhandicapés, ainsi que dans la rééducation post-accidents, AVC ou traumatique, fait l'objet de plaintes déposées par plusieurs familles. La direction réfute catégoriquement tout dysfonctionnement, mais l'Agence régionale de santé (ARS) a été saisie et une enquête judiciaire est en cours, confirmée par le procureur de la République de Pau.

Une liste alarmante de griefs

Un collectif de parents, souhaitant garder l'anonymat par crainte de représailles, rapporte des dysfonctionnements internes graves, incluant des faits présumés de maltraitance et la mise en danger de jeunes patients. Les accusations sont détaillées et soutenues par des preuves, selon les familles. Parmi les griefs énumérés, on trouve :

  • La présence d'une bactérie avec un protocole sanitaire non respecté.
  • Des enfants en état de déshydratation, dénutris et carencés.
  • Des chutes à répétition non prévenues.
  • Des prescriptions médicales inappropriées, voire dangereuses.
  • Des pressions exercées sur les parents pour les dissuader de demander un deuxième avis médical.
  • Des soins non conformes aux référentiels de bonnes pratiques, parfois décrits comme invasifs ou inadaptés.

De plus, des témoignages évoquent des comportements inappropriés envers des enfants non verbaux, des menaces d'interruption de soins vitaux, et des restrictions injustifiées des droits de visite parentale.

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La réponse des autorités et de la direction

Le collectif de parents insiste sur le fait que leur démarche ne vise pas la fermeture de l'établissement, dont ils reconnaissent la nécessité sur le territoire. Ils réclament plutôt une amélioration profonde du fonctionnement, notamment en matière de qualité des soins, d'organisation et de gouvernance administrative et médicale. « Notre démarche s'inscrit dans une exigence d'amélioration profonde », expliquent-ils, en appelant à la conscience citoyenne des professionnels et des autres parents pour se manifester.

La direction du Nid Béarnais, quant à elle, affirme n'avoir reçu aucune alerte factuelle de proches d'enfants hospitalisés. Elle reconnaît avoir reçu un courrier d'un collectif de parents, mais souligne sa disponibilité pour étudier toutes les propositions des familles et répondre aux autorités compétentes. « Notre porte est ouverte », assure-t-elle.

Une enquête sérieuse en cours

Les autorités sanitaires et préfectorales ont rencontré des représentants des familles fin février et début mars. Alain Guinamant, directeur de l'ARS 64, a indiqué que l'agence prendrait toutes ses responsabilités pour garantir une prise en charge correcte des enfants. « On prend les choses au sérieux. On se donne les moyens de travailler de façon très active, et rapide », a-t-il déclaré.

L'ARS a diligenté une enquête et sollicité un expert, mais précise qu'à ce stade, aucune conclusion ne peut être tirée. Malgré ces mesures, les parents pointent la persistance de problèmes graves mettant des enfants en danger. L'établissement, qui dispose de 20 lits en hospitalisation complète et 6 places en hospitalisation à temps partiel, reste sous surveillance alors que l'enquête se poursuit.

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