Les maladies thyroïdiennes peuvent causer des troubles cardiaques, intestinaux, ainsi que des problèmes de poids, d'humeur et de sommeil. En France, 2 % de la population souffre de dysfonctionnements de la thyroïde, selon la Haute autorité de santé (HAS). Ces troubles peuvent être contrôlés par des traitements médicamenteux ou, dans certains cas, par une ablation totale de la glande.
À quoi sert la thyroïde ?
La glande thyroïde est une petite glande en forme de papillon, mesurant en moyenne 5 centimètres, située à la base du cou, juste devant la trachée et sous le larynx. Il s'agit d'une glande endocrine, c'est-à-dire un organe produisant des hormones qui passent dans la circulation sanguine afin de réguler le métabolisme.
Ainsi, la thyroïde permet à la fois de contrôler la température corporelle, de moduler le taux de cholestérol et la glycémie, d'augmenter ou de réduire le rythme cardiaque et de réguler le transit intestinal. Cette glande joue également un rôle dans le poids, la masse musculaire, la solidité des os, mais aussi l'humeur et le système nerveux.
Pour fonctionner correctement, elle a besoin d'iode, un oligo-élément que l'on retrouve surtout dans les produits de la mer, les œufs et les produits laitiers. C'est aussi la raison pour laquelle, en France, on consomme généralement du sel iodé.
Quelles sont les maladies fréquentes ?
Le trouble de la thyroïde le plus courant est l'hypothyroïdie, c'est-à-dire une production insuffisante d'hormones. Les femmes sont deux à trois fois plus touchées que les hommes, surtout après l'âge de 50 ans ou après une grossesse. Les causes sont souvent dues à des maladies auto-immunes, comme la thyroïdite de Hashimoto.
Plus rarement, l'hypothyroïdie peut être congénitale. Les symptômes sont variés : fatigue, prise de poids, constipation, troubles de l'humeur allant jusqu'à la dépression. Il faut donc suivre un traitement substitutif à vie, qui consiste à prendre chaque jour un comprimé de lévothyroxine, une hormone de synthèse.
À l'inverse, l'hyperthyroïdie est le signe d'une production anormalement élevée d'hormones. Les symptômes (perte de poids, sueurs, palpitations) sont plus marqués et rapidement diagnostiqués. Dans 70 % des cas, elle est causée par la maladie de Basedow, et se soigne par la prise d'antithyroïdiens.
Enfin, le cancer de la thyroïde, assez rare, touche lui aussi une majorité de femmes (76 % des cas). Le pronostic est bon avec un taux de guérison estimé à 90 %.
Peut-on vivre sans thyroïde ?
Dans certains cas, une partie ou la totalité de la glande doit être retirée lors d'une opération, notamment en présence d'un cancer ou de nodules suspects, d'un goitre (hypertrophie de la thyroïde) ou en raison d'une hyperthyroïdie résistante aux traitements. En cas d'ablation totale, le corps ne peut plus produire les hormones nécessaires et un traitement à vie à base de lévothyroxine est là encore indispensable. Lorsque le dosage est bien adapté, la plupart des patients mènent une vie normale, travaillent, font du sport et n'ont pas de limitation particulière.



