Maladie de Lyme : une découverte majeure sur le contrôle de la salive des tiques
Maladie de Lyme : découverte sur la salive des tiques

Maladie de Lyme : une avancée scientifique sur le mécanisme de salivation des tiques

En 2021, près de 47 000 cas de la maladie de Lyme ont été diagnostiqués en médecine générale en France, selon Santé publique France, ce qui représente une incidence de 71 cas pour 100 000 habitants. Cette infection, transmise par la morsure de tiques contaminées par la bactérie Borrelia, reste un enjeu majeur de santé publique. Sur les quelque 1 000 espèces de tiques dans le monde, seules quelques-unes sont vectrices d'agents pathogènes, avec Ixodes ricinus comme principale espèce responsable en Europe de la maladie de Lyme et de l'encéphalite à tiques.

Une étude internationale sur le contrôle nerveux de la salive

Une équipe de recherche internationale, coordonnée par INRAE et impliquant l'Anses, l'ENVA et l'université d'Orléans, s'est penchée sur la salive des tiques et la manière dont le système nerveux contrôle l'activité des glandes salivaires chez Ixodes ricinus. Ladislav Simo, directeur de recherches à l'Inrae, explique : « L'idée de départ était de comprendre comment la production de salive est naturellement contrôlée par un neurotransmetteur appelé acétylcholine. Nous voulions savoir ce qui déclenche sa production, à quel moment elle se produit, et comment la tique contrôle à la fois la quantité et la composition de sa salive. »

L'étude s'est concentrée sur la communication entre le synganglion de la tique, équivalent d'un cerveau, et ses glandes salivaires, reliées par des nerfs. Les chercheurs ont identifié deux types de récepteurs de l'acétylcholine, nommés A et B, en décrivant leur structure et leur localisation dans le système nerveux central et les connexions nerveuses vers les glandes salivaires.

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Un système à double récepteur pour réguler la salive

En utilisant des outils pharmacologiques pour activer ou bloquer ces récepteurs, l'équipe a mesuré la vitesse de production, le volume et la composition de la salive chez des tiques en train de se nourrir. Les résultats montrent que ces deux types de récepteurs travaillent ensemble via des voies nerveuses spécifiques pour contrôler la production de salive. Ladislav Simo résume : « Ils régulent à la fois la quantité de salive produite et sa composition. L'avancée majeure est la découverte d'un système nerveux à double récepteur, jusque-là inconnu, qui coordonne la formation du cocktail salivaire de la tique. »

Si un récepteur contrôle principalement la sécrétion de liquide, l'autre semble jouer un rôle dans l'enrichissement de la salive en protéines. Cette salive est essentielle à la survie de la tique sur son hôte, car elle empêche la sensation de piqûre, affaiblit les défenses immunitaires et crée un environnement favorable aux agents pathogènes.

Implications pour la lutte contre les maladies transmises par les tiques

La salive facilite l'entrée des pathogènes dans l'organisme, et sans elle, la transmission devient inefficace. Ladislav Simo précise : « Plus nous comprenons les mécanismes de salivation, plus nous pouvons identifier des points faibles et développer des stratégies efficaces pour lutter contre les tiques. » Actuellement, ces résultats relèvent de la recherche fondamentale, mais ils ont permis d'identifier des cibles moléculaires précises qui pourraient, à terme, bloquer la salivation et interférer avec la transmission des maladies.

Le mécanisme de contrôle de la salivation est probablement conservé chez de nombreuses espèces de tiques à travers le monde, ce qui en ferait une cible universelle. « Même si des recherches supplémentaires sont nécessaires, ces travaux constituent une base importante pour de nouvelles stratégies de prévention », ajoute le scientifique.

Contexte épidémiologique et risques associés

Selon une étude de l'Inrae, 27 % des tiques analysées sont porteuses d'au moins un agent pathogène pour l'humain, avec 94 % étant des Ixodes ricinus. Parmi celles-ci, 15,4 % sont porteuses de Borrelia burgdorferi s.l., bactéries responsables de la maladie de Lyme. Non traitée, cette maladie peut provoquer des atteintes cutanées, musculaires, neurologiques et articulaires, soulignant l'importance de ces recherches pour la santé publique.

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