La Maison Athos : un havre pour soldats traumatisés dans un ancien domaine viticole
Maison Athos : havre pour soldats traumatisés en Gironde

La Maison Athos : un refuge unique pour les soldats blessés psychologiquement

Niché au cœur d'un ancien domaine viticole à Cambes, en Gironde, un lieu exceptionnel ouvre ses portes depuis le 1ᵉʳ janvier 2021. La Maison Athos accueille exclusivement des militaires et anciens militaires victimes de syndromes post-traumatiques, leur offrant un environnement sécurisé pour reprendre confiance, autonomie et activité.

Un concept né d'une nécessité criante

Pierre Knecht, directeur de la structure et ancien militaire avec 31 années de service dans l'armée de terre et les forces spéciales, connaît intimement les blessures invisibles. « L'accueil au quotidien avec bienveillance des frères et sœurs d'armes blessés », résume-t-il, capturant ainsi l'essence même de cette mission.

Son expérience sur des théâtres d'opérations difficiles comme l'Irak, l'Afghanistan et plusieurs pays africains lui a révélé l'urgence de créer un chaînon manquant dans le parcours de soin. La Maison Athos comble précisément cette lacune, en complément des suivis psychologiques hospitaliers et des aides administratives.

Un cadre conçu pour la reconstruction

La maison dispose de studios, de chambres, d'espaces de détente et de réunion, d'une cuisine centrale et d'un vaste jardin. Elle fut la première de son genre à ouvrir en France, simultanément avec celle de Toulon. Le succès est tel que le concept se décline désormais à Aix-les-Bains, à Pluneret et bientôt dans les Vosges en 2024.

Les résidents, hommes et femmes âgés de 27 à 64 ans, peuvent y séjourner pour une après-midi, une journée ou une semaine complète. Le principe fondamental est la cogestion, comme l'explique Pierre Knecht. L'équipe, placée sous la tutelle du ministère des Armées, est composée d'un binôme de direction et de quatre accompagnateurs, militaires ou civils.

Un accompagnement sur mesure et des activités variées

« On s'adapte à chacun », souligne Isabelle, accompagnatrice. Les activités proposées sont extrêmement diversifiées : théâtre, visites d'entreprises, travail du bois, participation aux chantiers Tramasset voisins, ou encore poterie. Un projet de potager dans le jardin est également en cours.

L'approche est respectueuse du rythme et des besoins de chacun. « On parle ou pas du passé, selon les besoins, le moment », précise le directeur. Une discrétion telle que pour certains des 125 membres, Pierre Knecht ignore encore leur grade, leur vécu ou leur théâtre d'opérations.

Un soutien crucial face aux défis du quotidien

Pour de nombreux résidents, des actes simples comme faire les courses représentent encore une épreuve significative. Les traumatismes sont souvent aggravés par des addictions, rendant l'accompagnement global de la Maison Athos d'autant plus déterminant.

Ce lieu incarne un maillon essentiel, jadis absent, entre l'hôpital militaire Robert-Picqué, les assistantes sociales, l'administration militaire et l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre. En référence au mousquetaire de Dumas, Pierre Knecht rappelle avec un sourire : « Athos est finalement un soldat d'élite atteint d'un syndrome post-traumatique ». Un nom parfaitement choisi pour cette maison qui redonne espoir.