Mai Jaune : Dr Benziane alerte sur le cancer de la vessie
Mai Jaune : Dr Benziane alerte sur le cancer de la vessie

Le Dr Nicolas Benziane, oncologue-radiothérapeute au Centre Azuréen de Cancérologie à Mougins, se mobilise à l'occasion de Mai Jaune, mois de sensibilisation au cancer de la vessie. Il tire la sonnette d'alarme sur les diagnostics tardifs, trop fréquents selon lui, alors que la prise en charge de cette maladie connaît des avancées majeures.

Un signe d'alerte souvent négligé

Le principal symptôme du cancer de la vessie est la présence de sang dans les urines, appelée hématurie. Pourtant, ce signe est trop souvent minimisé, en particulier par les femmes. « Les femmes, habituées aux cystites, pensent à une petite infection passagère et tardent à consulter », déplore le Dr Benziane. Or, ce retard peut être lourd de conséquences. « Je vois trop de diagnostics tardifs qui auraient pu être évités si les patients n'avaient pas négligé ce symptôme », ajoute-t-il.

Un cancer méconnu mais fréquent

Le cancer de la vessie est le deuxième cancer urologique le plus fréquent après celui de la prostate, avec 13 000 à 20 000 nouveaux cas chaque année en France. Pourtant, il reste largement méconnu du grand public. L'objectif de Mai Jaune est donc d'informer et de sensibiliser.

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Un parcours diagnostique bien établi

En cas de sang dans les urines, la marche à suivre est claire : consulter son médecin généraliste en premier lieu. Celui-ci évaluera la nécessité d'orienter vers un spécialiste. Une échographie, puis une cystoscopie réalisée par un urologue, avec prélèvement, permettront de poser le diagnostic.

Des traitements efficaces à un stade précoce

Bonne nouvelle : dans 70 % des cas, la tumeur est superficielle. « À ce stade, des traitements locaux suffisent : une résection de la lésion par cystoscopie, parfois complétée par des instillations de BCG ou de chimiothérapie directement dans la vessie », rassure l'oncologue.

Des options conservatrices en développement

Lorsque la maladie infiltre le muscle, la stratégie thérapeutique est plus lourde. Elle peut nécessiter l'ablation de la vessie (cystectomie) avec mise en place d'une dérivation urinaire externe. Mais des techniques évoluent, permettant parfois de recréer un réservoir urinaire interne à partir d'un segment d'intestin, améliorant ainsi la qualité de vie. Des alternatives conservatrices, associant radiothérapie de haute précision et chimiothérapie, se développent également pour préserver la vessie chez les patients éligibles.

Une révolution thérapeutique pour les formes métastatiques

Les formes métastatiques bénéficient depuis deux ans d'une véritable révolution avec l'association d'immunothérapie et d'ADC (Anticorps Drogue Conjugués). L'immunothérapie stimule le système immunitaire pour qu'il détruise les cellules cancéreuses, tandis que les ADC agissent comme des « taxis-GPS » pour délivrer une dose de chimiothérapie directement au cœur de la tumeur, épargnant les tissus sains. Les résultats sont prometteurs : « On voit désormais de plus en plus de patients en réponse complète », se félicite le Dr Benziane.

Des facteurs de risque bien identifiés

Le principal facteur de risque est le tabac, qui multiplie par 5 à 7 le risque de cancer de la vessie. Dans un cas sur deux, il en est la cause directe. Les substances toxiques se concentrent dans les urines et agressent la paroi de la vessie. D'autres facteurs incluent l'exposition professionnelle à certains solvants industriels et la sédentarité. À l'inverse, le régime méditerranéen est considéré comme un facteur protecteur.

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