Laits infantiles contaminés : une crise sanitaire qui s'intensifie
Les autorités sanitaires françaises ont annoncé, mercredi 11 février 2026, un troisième décès de bébé lié à la consommation de laits infantiles concernés par les récents rappels. Ce nouveau cas porte à trois le nombre de nourrissons décédés, tandis que quatorze hospitalisations ont été recensées. Le ministère de la Santé précise qu'aucun lien de cause à effet n'est scientifiquement établi à ce stade, mais des enquêtes sont en cours pour clarifier ces tragiques événements.
Une situation alarmante en France et en Europe
La France est actuellement le seul pays européen à avoir enregistré des décès suite à la consommation de ces laits infantiles. Cependant, d'autres nations, comme le Royaume-Uni, signalent une trentaine d'hospitalisations. L'Association pour la santé des enfants a réagi en affirmant que cette crise sanitaire est loin d'être maîtrisée. Elle pointe du doigt l'utilisation d'une huile riche en acide arachidonique (ARA), suspectée d'être à l'origine de la présence potentielle de la toxine céréulide, une substance pouvant provoquer diarrhées et nausées.
Vague de rappels et responsabilités des industriels
Depuis mi-décembre, une cascade de rappels de laits infantiles a touché plusieurs pays, impliquant des géants comme Nestlé et Danone. La semaine dernière, Danone a élargi ses rappels en France et dans plusieurs pays européens, concernant des centaines de lots, notamment des marques Aptamil, Milumil, Gallia et Blédilait. De nouveaux lots ont également été rappelés au Royaume-Uni et en Espagne, où l'agence de sécurité alimentaire britannique a évoqué la présence possible de la toxine céréulide.
Enquêtes judiciaires et plaintes en série
En France, deux enquêtes pénales ont été ouvertes à Bordeaux et Angers après la mort de deux nourrissons, et une enquête sanitaire est en cours pour déterminer l'imputabilité des décès. Parallèlement, l'ONG Foodwatch et plusieurs familles ont intenté des actions en justice contre l'État et les fabricants, accusés de retards dans les rappels et d'un manque d'information. Une nouvelle plainte déposée par 24 familles au parquet de Paris évoque la mise en danger d'autrui et des manquements aux obligations de sécurité.
Cette affaire, qui ne cesse de s'aggraver, soulève des questions cruciales sur la régulation des produits sensibles et la transparence des industriels, alors que les autorités continuent d'investiguer pour protéger la santé des plus vulnérables.