Infections nosocomiales : plus de morts que sur les routes, alerte la Cour des comptes
Infections nosocomiales : plus de morts que les accidents routiers

Un rapport de la Cour des comptes, publié lundi 27 avril, tire la sonnette d'alarme sur la qualité des soins dans les hôpitaux et cliniques français. Selon ce document, les infections nosocomiales (contractées à l'hôpital) causent davantage de décès que les accidents de la route, avec environ 4 000 morts par an contre 3 260 sur les routes l'année dernière.

Un coût humain et financier élevé

La Cour des comptes estime que la "non-qualité" des soins représente un enjeu majeur. À partir de données de l'OCDE, elle évalue à plus de 11 milliards d'euros la réparation des préjudices évitables (réhospitalisations après des soins ratés, indemnisations, etc.) et à 22 milliards le montant des soins "inutiles ou à faible valeur". Les infections nosocomiales coûteraient entre 2,2 et 5,2 milliards d'euros par an.

Des erreurs médicales largement sous-déclarées

Le rapport pointe également la sous-déclaration des événements indésirables graves associés aux soins (EIGS), malgré une obligation légale depuis 2004. En 2024, seulement 7 100 EIGS ont été signalés aux Agences régionales de santé (ARS), alors que le nombre réel annuel est estimé entre 160 000 et 375 000. La Cour demande une application plus stricte de cette obligation et propose d'intégrer ces événements à la certification des établissements de santé, ainsi que d'instaurer des sanctions pour les établissements non conformes.

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Améliorer la formation et les indicateurs

Pour renforcer la "culture qualité" chez les professionnels, la Cour suggère d'ajouter un module dédié dans la formation initiale des médecins. Par ailleurs, elle critique les critères d'évaluation actuels, trop centrés sur les processus hospitaliers, et recommande de développer de nouveaux indicateurs basés sur les résultats réels, comme la survenue d'une septicémie postopératoire ou un traumatisme du vagin post-accouchement. Elle préconise également d'intégrer le ressenti des patients.

Des seuils d'activité pas toujours respectés

La Cour des comptes déplore que les seuils d'activité minimale pour réaliser certains actes ne soient pas toujours respectés. Par exemple, une vingtaine de maternités n'atteignent pas les 300 accouchements annuels requis, et 244 établissements réalisent moins de 20 chirurgies du cancer de l'ovaire. Cela suggère la nécessité de regrouper ou fermer certains services.

En conclusion, la Cour des comptes appelle à une meilleure évaluation de la qualité des soins, une déclaration plus systématique des incidents graves, et une formation renforcée des professionnels de santé pour réduire les infections nosocomiales et améliorer la sécurité des patients.

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