Notre interlocuteur ne cache pas son incompréhension. Cas contact à l'hantavirus car il se trouvait dans un avion entre l'île de Sainte-Hélène et Johannesburg le 25 avril avec sept autres Français, il doit se résoudre à être isolé à l'hôpital : "D'un côté, le risque de contamination est faible, de l'autre on nous hospitalise en urgence ! Il y a de quoi affoler la population", soupire-t-il.
Un changement radical de protocole
En un après-midi, le lundi 11 mai, la gestion de cette situation sanitaire inédite a changé du tout au tout. Jusqu'à ce week-end, les autorités sanitaires prônaient une ligne plutôt souple pour la prise en charge de ces cas contacts qui n'avaient pas voyagé à bord du bateau, mais qui avaient simplement eu la malchance de se trouver dans le même avion qu'une femme infectée durant la croisière, déjà gravement malade lors de ce vol et décédée le lendemain de son arrivée à Johannesburg.
Des mesures progressives
À ces huit personnes, dont trois adolescents, qui s'étaient signalées elles-mêmes aux autorités sanitaires le 6 mai après avoir entendu un appel de l'Organisation mondiale de la santé relayé à la télévision la veille, les experts avaient d'abord simplement conseillé "d'éviter les rassemblements", avant de préconiser un isolement à domicile. Aujourd'hui, l'hospitalisation en urgence suscite interrogations et inquiétudes chez les personnes concernées, qui peinent à comprendre ce revirement brutal.
Ce cas illustre les difficultés de communication et de coordination dans la gestion des risques sanitaires émergents, où l'équilibre entre précaution et réaction proportionnée reste délicat à trouver.



