Analogues du GLP-1 : les risques de pancréatites et carences nutritionnelles sous surveillance
GLP-1 : risques de pancréatites et carences sous surveillance

Les analogues du GLP-1 sous surveillance renforcée

Les médicaments innovants de la famille des analogues du GLP-1, commercialisés sous les noms d'Ozempic, Wegovy ou Mounjaro, connaissent un succès fulgurant dans le traitement du diabète de type 2 et de l'obésité. Initialement réservés aux spécialistes, leur prescription a été étendue aux médecins généralistes en juin 2025 en France, facilitant ainsi leur accès à un plus grand nombre de patients.

Une utilisation massive en progression exponentielle

Selon les dernières données de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), environ 870 000 patients français utilisent ces traitements injectables pour le diabète, tandis que plus de 100 000 personnes les emploient spécifiquement pour lutter contre l'obésité. Les laboratoires Eli Lilly et Novo Nordisk rapportent respectivement 50 000 patients sous Mounjaro et 55 000 sous Wegovy à la fin de l'année 2025.

L'explosion des ventes est particulièrement marquée : au cours de la seule année 2025, les prescriptions de Wegovy en France ont été multipliées par cinq, selon l'Agence de presse médicale. Cette démocratisation rapide s'accompagne cependant d'une vigilance accrue des autorités sanitaires concernant les effets indésirables potentiellement graves.

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Les pancréatites aiguës : un effet indésirable préoccupant

Le 30 janvier, la prestigieuse revue British Medical Journal (BMJ) a publié une mise en garde concernant des décès rapportés suite à des pancréatites aiguës chez des patients sous analogues du GLP-1. L'Agence de réglementation britannique des médicaments (MHRA) a enregistré, entre 2007 et octobre 2025, pas moins de 1 296 signalements de pancréatites liées à ces traitements, dont 19 cas ayant entraîné le décès.

Jean-Luc Faillie, responsable du centre de pharmacovigilance de Montpellier, souligne que « les pancréatites aiguës sont un effet indésirable grave connu avec les analogues du GLP-1 ». Ces inflammations du pancréas, mentionnées comme « peu fréquentes » dans les notices des médicaments, se manifestent par des douleurs abdominales intenses et persistantes, souvent irradiantes dans le dos, accompagnées de nausées et de vomissements.

En France, après plus de quinze ans d'utilisation, des centaines de cas de pancréatite aiguë ont été rapportés, certains ayant eu une issue fatale. Cependant, comme le précise le spécialiste, les données de pharmacovigilance permettent d'identifier des associations potentielles mais ne peuvent établir un lien de causalité direct ni quantifier précisément le niveau de risque.

Les carences nutritionnelles sévères : un autre sujet d'inquiétude

Outre les risques pancréatiques, les professionnels de santé surveillent également de près les carences nutritionnelles sévères qui peuvent survenir chez certains patients traités par ces médicaments. Ces analogues du GLP-1, en modifiant l'appétit et la digestion, peuvent parfois entraîner des déficits en vitamines, minéraux et autres nutriments essentiels, nécessitant une surveillance médicale régulière et une adaptation des régimes alimentaires.

La balance bénéfice-risque de ces traitements révolutionnaires reste globalement positive pour la majorité des patients, mais elle exige une information claire et une vigilance constante de la part des prescripteurs comme des utilisateurs. Les autorités sanitaires françaises et internationales continuent de collecter et d'analyser les données pour affiner les recommandations et garantir la sécurité des patients.

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