C’est un patron de presse parisien qui, couteau planté dans le steak, refuse le traditionnel vin rouge car en ce moment, il n'a plus vraiment la tête à ça, dit-il. C’est le conseiller d’un incontournable chirurgien marseillais, aucune habitude changée et qui pourtant boit "quatre fois moins" que d’ordinaire, même le week-end. C’est aussi ce fêtard berlinois, pilier de club devenu "quasiment abstinent" le soir venu. Il répugne l’ébriété. Ses compagnons de danse ne le reconnaissent plus. Autant d'adeptes de la boisson, du jour au lendemain fâchés avec la bouteille.
Un effet secondaire inattendu
Leur secret ? Tous se sont récemment mis à s’injecter des "GLP-1", ces nouveaux traitements prescrits aux patients en surpoids pour les faire maigrir. Les semaines suivant la prise de ce médicament, en plus de perdre des kilos, et de voir la satiété s’accentuer, les patients semblent brusquement éloignés de la boisson, l’envie et le plaisir décapités en même temps que les fringales.
Ce phénomène, rapporté par de nombreux témoignages, suggère que les agonistes du GLP-1 pourraient avoir un impact sur les comportements addictifs. Les patients décrivent une perte d'intérêt pour l'alcool, une diminution de la consommation et même une aversion pour l'ébriété. Les chercheurs commencent à explorer cette piste, qui pourrait ouvrir de nouvelles voies dans le traitement de l'alcoolisme.
Des témoignages concordants
À Paris, un patron de presse confie ne plus pouvoir boire de vin rouge, même en accompagnement d'un steak. À Marseille, un conseiller médical réduit sa consommation de quatre fois sans effort. À Berlin, un habitué des clubs devient abstinent le soir. Ces cas, bien que non représentatifs d'une étude clinique, illustrent un effet secondaire potentiellement bénéfique des GLP-1.
Les GLP-1, initialement développés pour le diabète de type 2, sont désormais utilisés contre l'obésité. Leur action sur la satiété et la perte de poids est bien documentée, mais leur influence sur l'alcool pourrait être liée à une modulation des circuits de récompense dans le cerveau. Des études supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces observations et déterminer les mécanismes sous-jacents.



